Courrier international – Sur le visage d’une femme aux yeux clos, un interrupteur. Une main qui s’apprête à l’abaisser, avec ce titre : “Éteignez votre fatigue”. “Pourquoi vous avez plus d’énergie que vous ne le pensez et comment l’exploiter”, promet New Scientist à la une de son édition datée du 28 février.
L’hebdomadaire britannique consacre un long article aux travaux scientifiques qui, de plus en plus, suggèrent que la façon dont nous appréhendons notre propre sommeil a plus d’effet sur notre humeur et notre état de fatigue que le nombre d’heures réel que nous avons dormi. Ainsi, si nous avons la sensation d’avoir passé une mauvaise nuit ou une nuit trop courte, nous nous sentons fatigués, et ce, même si des mesures objectives de notre sommeil montrent que le nombre d’heures passé dans les bras de Morphée était plus important qu’on ne l’imaginait. Suffit-il donc de se dire qu’on a passé une bonne nuit ?
“L’idée selon laquelle un simple changement de point de vue peut vous donner l’impression d’être bien reposé peut paraître absurde, mais deux décennies de recherche ont établi que l’état d’esprit avait une forte influence sur la santé et le comportement”, assure le magazine de vulgarisation scientifique. L’une des démonstrations majeures et bien documentées du rôle de notre état d’esprit sur notre santé est l’effet placebo : le simple fait de croire que quelque chose nous fera nous sentir mieux peut produire des changements physiologiques mesurables, même en l’absence de principe actif dans un médicament.
De multiples paramètres
Les chercheurs essaient également de comprendre quels paramètres entrent en compte dans la façon dont nous considérons nos nuits. Ils sont multiples. “Le niveau d’activité physique d’une personne, son humeur [avant d’aller se coucher], ses aptitudes sociales, le fait qu’elle puisse ou non penser clairement”, tout cela joue sur la perception de la qualité du sommeil, explique Nicole Tang de l’université de Warwick au Royaume-Uni qui a mené des travaux sur le sujet.
Un autre facteur important est culturel et dépend des croyances et des attentes que nous avons vis-à-vis du sommeil. Par exemple, indique le journal, la plupart des gens ont intégré l’idée que huit heures chaque nuit sont nécessaires pour être reposé, alors même que les besoins physiologiques en la matière diffèrent d’une personne à une autre, mais aussi, pour une même personne, au fil des âges.
Pour Carlos De Las Cuevas, chercheur en psychiatrie à l’université de La Laguna, en Espagne, “aider les gens à réévaluer leurs attentes peut réduire leur inquiétude et améliorer le sentiment de qualité du sommeil, même sans accroître le temps de sommeil total”. Reste que tout cela ne doit pas être une excuse pour abandonner les “bonnes pratiques” d’hygiène du sommeil, insiste New Scientist, comme éviter les écrans avant de se mettre au lit, s’exposer à la lumière naturelle en particulier en début de journée et manger correctement.
New Scientist (Londres)
Stimulant, soucieux d’écologie et bon vulgarisateur, New Scientist est l’un des meilleurs magazines d’information scientifique du monde. Créé en 1956.
Source : Courrier international (France) – Le 03 mars 2026
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