Une du jour – Amal Khalil, journaliste libanaise et “icône du terrain”, tuée dans une frappe israélienne

La reporter du quotidien libanais pro-Hezbollah “Al-Akhbar” a été tuée mercredi 22 avril dans une frappe israélienne sur Tiri, dans le sud du pays, malgré la trêve en cours. Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a dénoncé un “crime de guerre”.

Courrier international  – “La témoin… toujours”, titre sur sa une le jeudi 23 avril le quotidien libanais Al-Akhbar après la mort, la veille, de sa journaliste Amal Khalil dans une frappe israélienne dans le sud du Liban. Un titre en forme de jeu de mots : Chahed, en arabe, qui signifie “témoin”, est très proche phonétiquement du mot chahid, “martyr”.

Pour le journal de gauche, réputé pour son hostilité à Israël dans le paysage médiatique libanais, il n’y a pas de doute : l’incident était prémédité. Tsahal (l’armée israélienne) a voulu “assassiner” la journaliste, qu’il qualifie d’“icône du terrain”, déployée dans le sud du pays depuis le début de la guerre. “Amal Khalil ne portait pas d’arme, mais elle portait quelque chose de bien plus troublant pour l’ennemi : une histoire vraie racontée au cœur même des événements”, écrit-il.

Âgée de 42 ans, la journaliste se trouvait le 22 avril dans la localité de Tiri, non loin de la zone tampon qu’Israël cherche à consolider dans le Sud libanais, en compagnie de la photographe Zeinab Faraj. Une première frappe israélienne a eu lieu dans l’après-midi, visant une voiture qui roulait devant elles. Au moins deux passagers ont été tués. La journaliste et la photographe ont abandonné leur véhicule et aussitôt trouvé refuge dans une maison voisine, rapportent plusieurs médias libanais. C’est alors qu’un second raid a visé la maison, et les a ensevelies sous les décombres.

Empêchés pendant plusieurs heures par Israël de se rendre dans la localité visée, selon Al-Akhbar et d’autres médias locaux, l’armée libanaise et la Croix-Rouge libanaise ont finalement pu arriver sur les lieux. Zeinab Faraj est rapidement sauvée et transportée à l’hôpital tandis que la dépouille d’Amal Khalil est extraite en fin de soirée, après de longues heures de recherche.

“Ciblage délibéré”

L’incident, loin d’être le premier de ce type au Liban, a suscité une vague de condamnations sur le plan local et à l’international.

Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a averti que l’entrave aux efforts de sauvetage “pourrait constituer un crime de guerre”. L’organisation s’est dit, en outre, alarmée par les informations selon lesquelles Amal Khalil avait reçu une menace de mort directe attribuée à Tsahal, en septembre 2024. Pour le CPJ, cela “soulève de sérieuses inquiétudes quant à un ciblage délibéré”.

De son côté, le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, ancien président de la Cour internationale de justice (CIJ), a dénoncé un “crime de guerre” et promis de saisir la justice internationale.

“Le ciblage par Israël des journalistes dans le sud du pays, alors qu’ils exercent leurs fonctions, n’est plus un incident isolé mais une politique avérée que nous condamnons […]. Le Liban ne ménagera aucun effort pour que ces crimes soient poursuivis devant les instances internationales compétentes”, a-t-il écrit sur le réseau social X.

En mars, trois journalistes, dont un correspondant vedette de la chaîne du Hezbollah Al-Manar, ont été tués par une frappe ayant directement visé leur voiture dans la région de Jezzine, dans le sud du Liban. Leur mort portait déjà à onze le nombre de journalistes tués au Liban depuis le début de la guerre à Gaza, selon le CPJ.

 

 

Source : Courrier international (France)

 

 

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