Un homme d’affaires malien, Oumar Gambi, victime d’un spectaculaire cambriolage à un million d’euros dans un palace parisien

Des voleurs se sont introduits, en escaladant la façade du Plaza Athénée, dans la chambre de M. Gambi, un entrepreneur malien célèbre dans son pays et qui gravite dans l’entourage du président congolais, Denis Sassou Nguesso.

 Le Monde – Rarement les policiers ont connu un vol par escalade d’une telle audace. Il est près de 2 heures du matin, mercredi 9 septembre, lorsque deux hommes se faufilent discrètement le long de l’impeccable façade haussmannienne du Plaza Athénée, célèbre palace parisien de l’avenue Montaigne. Ni les vigiles, à l’entrée, ni les nombreuses caméras de vidéosurveillance, disposées en différents endroits du bâtiment, ne les repèrent grimper entre les fenêtres surmontées d’auvents rouges.

Arrivés au septième étage, ils s’engouffrent dans une chambre par une baie vitrée restée ouverte. Son occupant, Oumar Gambi, un célèbre homme d’affaires malien, les surprend. Les deux voleurs s’enfuient par une fenêtre puis par les toits. Non sans avoir réussi leur coup : d’après les déclarations de M. Gambi à la police, ils se sont emparés de plusieurs bijoux et d’une montre Richard Mille estimée à 636 000 d’euros, soit un butin d’un montant total de près d’un million d’euros. La brigade de répression du banditisme (BRB) a été saisie de l’enquête. Les voleurs, eux, n’ont pas été interpellés.

Selon une source malienne qui le connaît, Oumar Gambi, alias « OG », serait convaincu qu’un membre de son entourage sachant où il résidait ce soir-là à Paris est complice de ce vol spectaculaire. Contacté, l’homme d’affaires n’a pas souhaité réagir à cette affaire. Quant au Plaza Athénée, il n’a pas voulu « fournir davantage de commentaires sur les circonstances précises de cet incident » par « respect pour la vie privée de [son] client et tant que l’enquête est en cours ».

Plus connu sous le nom de Barouni Gambi, cet entrepreneur de 39 ans est une petite célébrité au Mali. Plusieurs chanteurs et chanteuses – à commencer par la star malienne Sidiki Diabaté – lui ont dédié des morceaux. Sur les réseaux sociaux, « OG » étale sa richesse et son mode de vie clinquant. Au volant d’une imposante Bentley ou de rutilants 4 × 4 Mercedes, avec ses amis dans un jet privé, en train de fumer un cigare sur le pont d’un yacht, s’affichant avec des montres à plusieurs centaines de milliers d’euros… Le jeune homme, richissime, fait rêver certains de ses compatriotes rivés sur TikTok ou Instagram.

« Le Bienfaiteur »

Parfois surnommé « le Bienfaiteur », Barouni Gambi travaille son image de philanthrope. Il procède régulièrement à des dons, comme en mars, pendant le mois de ramadan, lorsqu’il avait distribué 500 kits alimentaires à des familles dans le besoin à Bamako – cela avait fait l’objet d’un reportage au journal de la télévision nationale. En mai, il a organisé dans la capitale malienne un grand prix hippique à son nom.

Sa fortune, « OG » l’a constituée au Congo-Brazzaville, où prospère une petite diaspora malienne commerçante. Ses activités sont floues : il évoluerait dans le négoce de pétrole, dont son pays d’accueil est un des principaux producteurs africains, mais aussi dans l’immobilier. En 2023, il crée, à Brazzaville, Global Holding, une structure active dans le domaine des services, puis, en 2024, à Paris, une société civile immobilière avec trois associés maliens et français.

D’après plusieurs sources maliennes, Barouni Gambi est également proche d’une partie du clan de Denis Sassou Nguesso, 82 ans, à la tête du Congo depuis plus de quarante années cumulées et soupçonné de détournement de fonds publics dans l’affaire dite des « biens mal acquis ». « Il connaît beaucoup de gens autour du président. Il fait des affaires avec eux », explique l’une d’elles.

En mars, lors de la réélection du chef de l’Etat congolais pour un cinquième mandat avec près de 95 % des voix, le jeune entrepreneur malien s’était montré à un meeting avec une casquette « DSN » – les initiales du président reconduit – sur la tête. En août, une photo circulant sur les réseaux sociaux montrait les deux hommes, en costume cravate, en train de discuter sur un canapé.

 

 

 

 

Source : Le Monde

 

 

 

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