Courrier expat – C’est l’efficacité de l’enseignement supérieur pour procurer aux jeunes des emplois rémunérateurs qui est mise en cause. Selon un récent sondage, un tiers seulement des adultes américains considèrent aujourd’hui les études universitaires comme “très importantes” – en 2010, c’était le cas des trois quarts des personnes interrogées.
Le boom de l’intelligence artificielle (IA) n’a rien arrangé. Les dernières recherches montrent que les entreprises qui adoptent l’IA générative aux États-Unis et au Royaume-Uni ont tendance à embaucher moins de jeunes cadres. Résultat : aux États-Unis, en novembre, 6,8 % des 20-24 ans titulaires d’une licence étaient au chômage et parmi les diplômés qui avaient trouvé un travail plus de la moitié occupaient des emplois qui ne nécessitent pas un diplôme universitaire de leur niveau.
Parallèlement, les métiers manuels ont de plus en plus la cote, relève The Economist. Les inscriptions aux programmes de formation professionnelle et technique des community colleges, qui délivrent en deux ou trois ans des diplômes équivalents au brevet de technicien supérieur (BTS) ou au bachelor universitaire de technologie (BUT), ont augmenté de près de 20 % depuis 2020 et le nombre de jeunes professionnels en apprentissage a plus que doublé entre 2014 et 2024.
“Sur Instagram et TikTok, de jeunes plombiers et électriciens publient des vidéos sur leur travail quotidien qui cumulent des dizaines de milliers de vues et de commentaires admiratifs”, rapporte l’hebdomadaire britannique. Un succès dû la fois à la sécurité de l’emploi et au niveau de salaire qu’assurent ces métiers outre-Atlantique. Selon une étude, “les titulaires d’une licence en sciences, technologies, ingénierie ou mathématiques gagnaient en moyenne 98 000 dollars [83 860 euros] en 2024 contre 69 000 dollars [59 000 euros] pour les diplômés en lettres et sciences humaines. À titre de comparaison, le salaire annuel moyen d’un technicien ascensoriste s’élève à 106 580 dollars [91 200 euros].”
Reste à faire évoluer l’image plutôt négative dont les métiers manuels sont encore affectés chez nombre de parents, aux États-Unis comme ailleurs, et à mettre au point des parcours de formation efficaces. Le manque de coordination entre les établissements scolaires, les entreprises et les pouvoirs publics constitue un problème, explique un expert. Les community colleges proposent souvent des formations destinées à augmenter leurs effectifs plutôt qu’à répondre aux besoins des entreprises. Conséquence : “Malgré la pénurie de compétences, les diplômés de l’enseignement professionnel se retrouvent avec des perspectives d’emploi limitées.”
The Economist cite comme un exemple le cas de la Suisse, où “près des deux tiers des jeunes s’orientent vers une formation professionnelle après onze années de scolarité obligatoire”. Un système qui fonctionne grâce à sa “perméabilité”, qui permet aux élèves de passer facilement d’un parcours professionnel à un parcours académique.
Source : Courrier expat
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