Courrier expat – Christof Wackernagel, aujourd’hui acteur et écrivain, n’a ni un parcours ni un point de vue ordinaire : cet ancien de la Fraction armée rouge, groupe terroriste d’extrême gauche, qui a fait quinze ans de prison dans les années 1980, a quitté son pays, l’Allemagne, pour le Mali. Un choix qui paraît absurde à ses amis mais qu’il défend dans Die Welt : pour lui la qualité de vie à Bamako surpasse de loin celle que l’on trouve à Munich.
Alors que le Mali est souvent décrit comme “un endroit sordide, en proie à la crise et à la pauvreté”, frappé par une instabilité politique et un manque de sécurité chronique, il met en avant la solidarité, le respect des personnes âgées et des enfants, et le détachement relatif des choses matérielles. “Je profite davantage de la vie ici qu’en Allemagne”, écrit-il. Le contraste entre son pays de naissance et son pays d’adoption lui semble saisissant :
“Au Mali, pour le dire franchement, on vit avec les gens ; en Allemagne, on vit à leurs côtés. Au Mali, la communication est primordiale ; en Allemagne, c’est la fonctionnalité qui prime.”
Ce septuagénaire, qui est aussi père d’un adolescent métis, apprécie les conversations impromptues avec des inconnus, le recours au système D, la proximité avec la nature et les saisons, la place laissée à l’enfance dans les lieux publics, alors que même les jeux de ballon dans les squares sont jugés dérangeants dans certaines villes allemandes.
“Peut-être devrions-nous demander une aide au développement au gouvernement malien. Ainsi, nous pourrions apprendre les bonnes manières : comment communiquer efficacement, comment garder son sang-froid et rester optimistes en temps de crise, au lieu de souffrir du fait que, malgré tout, plus rien n’a de goût”, conclut-il, mi-sérieux mi-ironique mais avec en tout cas l’intention de provoquer une prise de conscience chez ses compatriotes.
Source : Courrier expat
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