Sur les traces de Kwame Nrumah, de l’indépendance au rêve panafricain

Agence de Presse Sénégalaise – Au cœur d’Accra, capitale du Ghana, le Kwame Nkrumah Memorial Park raconte, à travers monuments, objets personnels, photographies et archives audiovisuelles, l’histoire d’un homme dont le nom reste étroitement associé à l’indépendance de son pays et au combat pour l’unité africaine.

À l’entrée du site, le visiteur est immédiatement plongé dans l’histoire de Kwame Nkrumah, premier Premier ministre du Ghana indépendant en 1957 et premier président de la République en 1960.

Le parc est installé sur l’ancien Old Polo Grounds, lieu symbolique où Nkrumah proclama l’indépendance du Ghana le 6 mars 1957.

Le parcours commence notamment par une évocation de la période coloniale et du combat politique ayant précédé l’indépendance.

Le guide revient sur l’engagement de Nkrumah au sein de l’United Gold Coast Convention (UGCC), avant sa rupture avec cette formation et la création du Convention People’s Party (CPP).

Son mot d’ordre, ”Self-government now”, l’autonomie immédiate, résumait alors son engagement politique. En 1950, il lança la campagne de ”Positive Action”, fondée notamment sur la désobéissance civile et les grèves. Arrêté et emprisonné, Nkrumah continua néanmoins à diriger la campagne électorale de son parti depuis sa cellule.

Les élections législatives de février 1951 ont représenté l’un des épisodes les plus marquants de cette période. Alors que Nkrumah était encore détenu, le CPP remporta 34 des 38 sièges élus. Il fut ensuite libéré et appelé à former le gouvernement.

Le ”Big Six” de la lutte anticoloniale

Le musée évoque également le ”Big Six”, les six figures historiques associées à la lutte politique ayant précédé l’indépendance du Ghana : Kwame Nkrumah, Emmanuel Obetsebi-Lamptey, Ebenezer Ako-Adjei, William Ofori-Atta, Joseph Boakye Danquah et Edward Akufo-Addo.

Leurs six figures sont imprimées sur les billets de banque ghanéens, dont le cédi, actuellement en vigueur.

Sur les traces de Kwame Nrumah, de l'indépendance au rêve panafricain

Le guide rappelle notamment les événements de 1948, lorsque des manifestations à Accra furent réprimées par les autorités coloniales. Ces événements contribuèrent à accélérer la mobilisation politique en faveur de l’indépendance.

Le parcours montre ensuite comment Nkrumah, après sa rupture avec les dirigeants de l’UGCC, développa une stratégie reposant sur la mobilisation populaire, la désobéissance civile et l’utilisation des médias pour sensibiliser la population.

Le 6 mars 1957, une nouvelle page de l’histoire africaine

Le visiteur arrive ensuite au cœur symbolique du site : l’endroit où Nkrumah proclama l’indépendance du Ghana.

Le 6 mars 1957, la Gold Coast accède à l’indépendance et devient le Ghana.

Le pays devient alors le premier État d’Afrique subsaharienne à accéder à l’indépendance sous cette forme, un événement qui exerce une influence considérable sur les mouvements anticoloniaux du continent.

Trois ans plus tard, le 1er juillet 1960, une nouvelle Constitution transforme le Ghana en République, et Kwame Nkrumah devient son premier président.

Le musée conserve des éléments liés à cette période historique, notamment des photographies, des documents, des vêtements, des livres et des objets ayant appartenu au dirigeant ghanéen.

L’un des moments les plus saisissants de la visite est la découverte de l’ancienne statue en bronze de Kwame Nkrumah, vandalisée après le coup d’État du 24 février 1966.

La statue, qui se trouvait à l’origine devant l’ancien Parlement, a été renversée et mutilée dans le contexte du renversement de son gouvernement. Elle a ensuite été récupérée et conservée avant d’être installée au Memorial Park.

La tête de la statue avait disparu pendant 43 ans. En 2009, une femme la restitua aux autorités après l’avoir conservée pendant plusieurs décennies.

Elle est aujourd’hui exposée avec le reste de la statue, rappelant de manière spectaculaire les bouleversements politiques qui ont suivi le renversement de Nkrumah.

Le rêve d’une Afrique unie

Au fil des salles, le récit quitte progressivement l’histoire strictement ghanéenne pour rejoindre celle du panafricanisme.

Nkrumah défendait l’idée que l’indépendance politique du Ghana ne pouvait être pleinement accomplie sans la libération du reste du continent.

Son engagement l’amena à soutenir différents mouvements et dirigeants africains engagés dans les luttes anticoloniales.

Son parcours est notamment associé à celui de Patrice Lumumba au Congo. Les deux dirigeants partageaient une vision panafricaine et défendaient l’idée d’une Afrique capable de contrôler ses ressources et de déterminer elle-même son avenir.

Le musée met également en avant plusieurs citations attribuées à Nkrumah sur le développement, l’éducation, la santé, l’électricité et l’amélioration des conditions de vie des populations.

L’une de ses idées centrales était que l’indépendance devait avoir une dimension économique et sociale, et pas seulement politique.

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De l’envoyé spécial de l’APS : Abibou Ndiaye

 

 

 

Source : Agence de Presse Sénégalaise (APS) –

 

 

 

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