Sénégal – Revue de la presse SenePlus du mardi 2 juin 2026

Entre satisfaction, critiques, recompositions politiques et interrogations sur l’avenir des relations entre le pouvoir et le PASTEF, les journaux analysent les choix opérés par le chef de l’État Bassirou Diomaye Faye.

Seneplus – Un gouvernement qui redistribue les cartes politiques

La publication du premier gouvernement du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô continue de monopoliser l’attention de la presse nationale. Entre lectures politiques, décryptages des équilibres de pouvoir, interrogations sur la place du PASTEF et recours de l’opposition devant le Conseil constitutionnel, les quotidiens sénégalais livrent ce lundi une analyse approfondie d’une séquence politique qui marque un tournant dans le mandat du président Bassirou Diomaye Faye.

Dès sa Une, Sud Quotidien résume l’enjeu de l’heure avec un titre sans équivoque : « Le choix de Lo ». Pour le journal, la composition de la nouvelle équipe gouvernementale reflète une volonté affirmée du chef de l’État et de son Premier ministre de définir une nouvelle orientation politique, après plusieurs semaines de spéculations et de tractations.

Cette idée d’une prise de contrôle assumée du pouvoir par le président est également au cœur de l’analyse de EnQuête, qui affiche en manchette : « Diomaye seul à la manœuvre ». Le quotidien considère que les arbitrages finaux portent avant tout l’empreinte du chef de l’État, qui semble désormais vouloir exercer pleinement son autorité politique.

Même son de cloche chez Walf Quotidien, qui titre « Diomaye s’assume ». Le journal voit dans la nouvelle équipe ministérielle une affirmation claire du leadership présidentiel et un choix de profils répondant davantage à une logique de compétence et de loyauté qu’à des considérations partisanes.

Le PASTEF au cœur des interrogations

L’un des enseignements majeurs de ce remaniement réside dans la place accordée au PASTEF, parti qui a porté Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko au pouvoir.

Plusieurs journaux relèvent une prise de distance entre l’appareil gouvernemental et les figures historiques du mouvement. Les Échos barre ainsi sa Une avec : « Diomaye écarte Pastef et mise sur ses alliés ». Le quotidien estime que le président a privilégié une ouverture vers des partenaires et des technocrates plutôt qu’un gouvernement dominé par les cadres du parti.

Le même constat transparaît dans Yoor-Yoor, qui parle d’« un gouvernement sans Pastef » et évoque même « les transhumants de l’intérieur », une formule qui traduit les tensions et les repositionnements observés au sein de la majorité.

Pour sa part, Le Quotidien décrit une situation complexe à travers le titre « Une séparation aux cent failles ». Le journal met en lumière les nombreuses interrogations soulevées par les choix opérés et les frustrations que certaines exclusions pourraient provoquer dans les rangs du pouvoir.

Dans une lecture plus institutionnelle, L’Info estime que « l’exigence et la compétence justifient les choix », reprenant l’argument avancé par les autorités pour défendre la composition du gouvernement.

Les gagnants, les perdants et les nouvelles figures du pouvoir

Comme souvent après la formation d’un gouvernement, la presse s’intéresse aux personnalités qui émergent, à celles qui sont confortées dans leurs fonctions et à celles qui quittent la scène gouvernementale.

Réwmi Quotidien propose un inventaire détaillé avec le titre « Les entrants, les sortants et les dissidents », mettant en avant les principaux mouvements enregistrés au sein de l’exécutif.

De son côté, Point Actu préfère s’attarder sur « Les visages de la nouvelle méthode Diomaye », en dressant le portrait des nouvelles figures appelées à mettre en œuvre les priorités du chef de l’État.

Dans le même esprit, Le Soleil évoque « La grande reconfiguration », soulignant que cette nouvelle architecture gouvernementale marque une étape importante dans la consolidation du pouvoir présidentiel.

À travers son titre « Diomaye en roue libre », Point Actu insiste également sur la marge de manœuvre dont semble disposer désormais le président dans la conduite de ses choix politiques.

L’opposition contre-attaque devant le Conseil constitutionnel

L’autre sujet majeur du jour concerne la décision de réintégrer Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale.

Cette initiative suscite une vive contestation de l’opposition parlementaire. Le Témoin révèle ainsi que « Des députés saisissent le Conseil constitutionnel », ouvrant un nouveau front juridique et politique.

Le journal souligne que quatorze députés contestent la régularité de la procédure ayant conduit à cette réintégration. Une démarche qui pourrait déboucher sur un important débat constitutionnel dans les jours à venir.

Cette confrontation institutionnelle inspire également Libération, qui titre « Les prémices d’une confrontation ». Le quotidien voit dans cette affaire les premiers signes d’un bras de fer entre le pouvoir et une opposition décidée à utiliser tous les leviers juridiques à sa disposition.

Hommage à Moustapha Kassé

Au milieu de cette actualité politique dense, plusieurs journaux consacrent une place importante à la disparition de l’économiste et universitaire Moustapha Kassé.

Le Soleil lui rend hommage à travers plusieurs articles revenant sur son parcours exceptionnel, tandis que Le Quotidien évoque « le professeur Moustapha Kassé » et son immense contribution à la réflexion économique au Sénégal et en Afrique.

La disparition de cette figure intellectuelle apparaît comme l’un des événements marquants de l’actualité nationale du week-end.

Ama Baldé retrouve la liberté

Dans la rubrique judiciaire, l’affaire du lutteur Ama Baldé continue de faire les gros titres.

Réwmi Sports+ annonce : « Ama Baldé recouvre la liberté », tandis que Le Dakarois affiche en grand : « Ama Baldé libre après son audience ».

Cette décision judiciaire met provisoirement fin à un épisode qui a fortement mobilisé les amateurs de lutte ces derniers jours.

Le football également à l’honneur

La presse sportive revient largement sur les choix du sélectionneur national en vue des prochaines échéances.

Record met notamment en avant la concurrence entre plusieurs jeunes talents avec le titre : « C’est entre Sapoko, Mbow, Ilay et Chérif », illustrant la bataille pour les dernières places au sein de la sélection nationale.

Une presse focalisée sur la recomposition du pouvoir

Au final, les Unes de ce lundi traduisent une même préoccupation : comprendre les conséquences politiques de la naissance du premier gouvernement d’Ahmadou Al Aminou Lô. Derrière les nominations, les journaux cherchent à décrypter la nouvelle architecture du pouvoir, les rapports désormais entretenus avec le PASTEF, les équilibres internes de la majorité et les réactions d’une opposition déjà mobilisée sur le terrain institutionnel.

Entre affirmation de l’autorité présidentielle, recomposition des alliances et premiers signes de tensions politiques, la presse sénégalaise voit dans cette nouvelle équipe gouvernementale le début d’une séquence décisive pour le quinquennat de Bassirou Diomaye Faye.

Source : Seneplus (Sénégal)

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