RFI – Selon la revue espagnole El Confidencial, les États-Unis ont réuni l’Algérie, le Maroc, la Mauritanie et le Front Polisario, à Madrid le 8 février 2026 pour « essayer de faire avancer le dossier du Sahara occidental […] en faisant adopter le plan d’autonomie marocain », explique Ignacio Cembrero, auteur de l’article. Cette ancienne colonie espagnole est contrôlée en majeure partie par le Maroc, qui propose un plan d’autonomie sous sa souveraineté. Mais ce territoire est revendiqué par les indépendantistes sahraouis, soutenus par l’Algérie, qui, eux, réclament un référendum d’autodétermination.
Une réunion à huis clos s’est déroulée ce 8 février 2026 à Madrid. Les États-Unis sont en effet à l’origine de nouvelles négociations pour tenter de régler le conflit du Sahara occidental. Des délégations de haut niveau du Front Polisario, du Maroc, de l’Algérie et de la Mauritanie ont mené ces pourparlers encadrés par Massad Boulos, le conseiller spécial de Donald Trump pour l’Afrique, et Michael Waltz, l’ambassadeur des États-Unis auprès des Nations unies.
Si les débats sont restés secrets, la diplomatie américaine, qui s’implique pour la première fois dans ce conflit, en a fait une « priorité absolue ».
Le journaliste espagnol Ignacio Cembrero travaille depuis 40 ans sur ce dossier. C’est lui qui a dévoilé ces nouvelles négociations : « Ce qu’il y a de nouveau, c’est qu’il y a un fort engagement des États-Unis depuis octobre, je dirais, de la diplomatie américaine, du représentant du président Trump pour l’Afrique, Massad Boulos, qui s’est rendu récemment à Alger, fin janvier, pour essayer de faire avancer le dossier du Sahara – je dirais même de clore le dossier – en faisant adopter la proposition marocaine, le plan d’autonomie marocain pour le Sahara occidental. »
Une demande pour « que le Maroc fasse une offre plus généreuse au Polisario »
Celui qui a détaillé la rencontre à venir dans l’édition du 7 février de la revue espagnole El Confidencial, poursuit, au micro de Guillaume Thibault : « Jusqu’à présent, ce qu’avait fait le Maroc en 2007, c’était de sortir un petit plan d’autonomie en trois feuillets qui, vraiment, ne tenait pas beaucoup la route. Cela fait longtemps que, notamment l’Espagne, la France, les Nations unies et maintenant les États-Unis, ont demandé au Maroc d’étoffer son plan. Et là, ils viennent de présenter un plan d’autonomie de 40 feuillets qui doit être sans doute plus consistant, en essayant également que le Maroc soit plus généreux, qu’il fasse une offre plus généreuse au Polisario, à la population sahraouie ».
Selon le journaliste espagnol Ignacio Cembrero, le cadre des discussions est fixé par la résolution 2797 du Conseil de sécurité de l’ONU qui stipule que la proposition d’autonomie marocaine est « la seule qui peut permettre une solution définitive et juste ». De leur côté, l’Algérie et le Front Polisario continuent toujours de demander l’application de l’accord d’autodétermination conclu il y a 35 ans, et ce en dépit des pressions de Washington.
Le Sahara occidental, ancienne colonie espagnole, est contrôlé en majeure partie par le Maroc, qui propose un plan d’autonomie sous sa souveraineté. Mais ce territoire est revendiqué par les indépendantistes sahraouis du Front Polisario, soutenus par l’Algérie, qui réclament un référendum d’autodétermination prévu lors d’un cessez-le-feu en 1991, mais jamais organisé. De son côté, l’ONU considère ce territoire, aux riches eaux poissonneuses et aux importantes réserves en phosphates, comme un « territoire non autonome ».
Source : RFI
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