Presse/Afrique de l’Ouest : pouvoirs, sécurité et légitimité

Agence de Presse Africaine – Entre bataille judiciaire à Paris impliquant une figure médiatique sénégalaise, montée en puissance sécuritaire au Mali, durcissement affiché contre la corruption au Burkina Faso, recomposition gouvernementale inachevée en Guinée, crispations syndicales en Côte d’Ivoire, lecture politique post-électorale au Bénin et reconnaissance internationale du leadership ghanéen, l’actualité ouest-africaine de ce mardi 3 février dessine une région en mouvement, traversée par des enjeux de gouvernance, de sécurité et de légitimité.

À Dakar comme à Paris, l’attention est tournée vers la Cour d’appel de Versailles qui doit rendre ce 3 février sa décision sur la demande d’extradition visant le journaliste et homme d’affaires sénégalais Madiambal Diagne, à la requête de l’État du Sénégal. Selon L’Observateur, relayé par Seneweb, la justice française avait, lors de l’audience du 25 novembre, sursis à statuer en exigeant de Dakar des précisions sur les faits reprochés, leur qualification pénale, les règles de prescription et les garanties procédurales offertes à l’intéressé. Si les autorités sénégalaises estiment avoir répondu aux attentes, la défense continue de dénoncer des zones d’ombre et un risque de traitement inéquitable. Trois issues restent possibles : un avis favorable à l’extradition, un rejet pur et simple, ou une nouvelle demande d’informations, illustrant la profondeur du désaccord juridique entre les parties (Seneweb, L’Observateur).

Pendant ce temps au Mali, la dynamique est clairement sécuritaire. Bamada rapporte la fin de plus de 45 jours de formation de la Préparation opérationnelle avant déploiement (POAD) du sous-GTIA de Goundam, au Centre de formation et de mise en condition opérationnelle de Tombouctou. Présidée par le ministre de la Réconciliation nationale, le général de corps d’armée Ismaël Wagué, la cérémonie a mis en avant la cohésion interarmes et l’adaptation des formations à l’évolution de la menace sur le terrain. Les autorités militaires y voient un signal de montée en puissance des Forces de défense et de sécurité, à l’heure où le théâtre des opérations reste hautement volatil (Bamada).

Cette volonté d’autorité se retrouve au Burkina Faso, mais sur le terrain de la gouvernance. Dans une déclaration reprise par Sidwaya, le porte-parole du CORAG, le commandant Farouk Azaria Sorgho, a dressé le bilan de la lutte contre la corruption depuis la proclamation de la Révolution progressiste populaire par le capitaine Ibrahim Traoré. Reconnaissant la persistance du fléau malgré la sensibilisation et l’encouragement des dénonciations, les autorités annoncent un net durcissement en 2026 : sanctions immédiates, dispositifs techniques de preuve et diffusion prochaine de vidéos impliquant des agents fautifs. L’introduction des cartes de réquisition « Labaal » pour le paiement électronique des amendes routières illustre cette stratégie visant à couper court aux pratiques de corruption quotidienne (Sidwaya).

Plus à l’ouest, la Guinée est engagée dans une recomposition politique encore incomplète. Africaguinee indique que, sur les 29 portefeuilles du premier gouvernement de la Ve République dirigé par Amadou Oury Bah, neuf ministères restent à pourvoir, dont des départements clés comme la Défense, l’Agriculture ou l’Énergie. Cette première équipe combine nouvelles figures – notamment à la Justice, à la Sécurité ou à la Santé – et reconductions stratégiques, traduisant un équilibre entre renouvellement et continuité. La liste des non-reconduits, elle, souligne les arbitrages opérés au sommet de l’État, dans un contexte de fortes attentes politiques (Africaguinee).

En Côte d’Ivoire, la tension se déplace vers le monde agricole. Selon l’AIP, le secrétaire général du SYNAP-CI, Koné Moussa, et le président de l’ANAPROCI, Kanga Koffi, ont été placés sous mandat de dépôt à l’issue d’auditions à la gendarmerie du Plateau. Les deux responsables syndicaux sont poursuivis dans le cadre d’une plainte pour diffamation et accusation calomnieuse déposée par le directeur général du Conseil du café-cacao, alors que leurs organisations dénonçaient le blocage de la commercialisation du cacao pour la campagne 2025-2026. Cette affaire judiciaire intervient sur fond de tensions récurrentes autour des prix et de la gouvernance de la filière (AIP).

Au Bénin, l’heure est à la lecture politique des urnes. Banouto rapporte les propos du porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, qui, au lendemain des législatives et communales de 2026, estime que les auteurs du coup d’État déjoué du 7 décembre 2025 devraient présenter des excuses au peuple béninois. S’appuyant sur les résultats du scrutin, il juge que ces acteurs ont agi au nom d’une majorité supposée qui ne s’est pas confirmée dans les urnes, réaffirmant ainsi la centralité de la souveraineté populaire (Banouto).

Enfin, le Ghana s’illustre sur la scène internationale. Pulse Ghana annonce que le président John Dramani Mahama se classe au 5ᵉ rang de la liste Devex Power 50 des personnalités les plus influentes du développement mondial en 2026. Cette reconnaissance salue son plaidoyer pour une réforme du système de développement international, notamment à travers l’initiative « Accra Reset », et son engagement sur des enjeux tels que la dette, le climat et des partenariats plus équitables. Une distinction qui renforce la visibilité du Ghana et, au-delà, de l’Afrique dans les débats globaux (Pulse Ghana).

Source : Agence de Presse Africaine (APA)

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