
Agence de Presse Africaine – La presse ouest-africaine de ce jeudi 12 mars revient sur plusieurs sujets majeurs allant des tensions politiques au Sénégal aux réformes économiques et initiatives publiques dans la région. Les journaux évoquent également des affaires judiciaires, des politiques agricoles et numériques ainsi que des protestations sociales, tandis que certaines décisions économiques et réglementaires illustrent les efforts des États pour soutenir leurs secteurs productifs.
Selon Seneweb, citant le quotidien Wal Fadjri, le bras de fer politique entre le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko pourrait encore s’intensifier. D’après la même source, après le lancement de la coalition « Diomaye-Président », les partisans du leader du PASTEF ont élaboré une stratégie de riposte reposant sur trois axes : législatif, financier et politique.
Sur le plan législatif, les députés du parti, majoritaires à l’Assemblée nationale avec 130 sièges sur 165, envisagent de modifier certains articles du Code électoral afin d’éviter que des dispositions juridiques ne puissent empêcher la candidature d’un responsable politique lors de la présidentielle de 2029.
Parallèlement, des initiatives parlementaires visent à encadrer les fonds politiques de la présidence, notamment à travers une proposition de loi portée par le député Guy Marius Sagna et des questions écrites adressées au gouvernement par El Hadji Ousmane Fall. Sur le plan politique enfin, Ousmane Sonko chercherait à redynamiser la coalition APTE afin de faire contrepoids au bloc « Diomaye-Président », qui regroupe notamment Aminata Touré et Abdourahmane Diouf. Toutefois, même si certaines réformes venaient à être adoptées par le Parlement, leur entrée en vigueur dépendrait encore de la promulgation du chef de l’État.
Toujours au Sénégal, le Conseil des ministres a adopté le projet de décret fixant les modalités d’application du nouveau Code des investissements, rapporte Pressafrik. Ce texte vise à rendre opérationnelles les dispositions de la loi adoptée en 2025 en précisant les critères d’éligibilité aux incitations fiscales et douanières accordées aux investisseurs. Le dispositif met également l’accent sur la territorialisation des politiques publiques, avec des mesures destinées à encourager les investissements dans les régions de l’intérieur afin de réduire les disparités économiques avec la capitale et de favoriser la création d’emplois locaux.
Au Mali, le programme de logements sociaux destiné aux ménages à revenus modestes se heurte à la problématique persistante des bénéficiaires qui ne respectent pas leurs engagements de paiement, souligne Maliweb. Bien que les contrats prévoient la possibilité de retirer les logements en cas de défaut prolongé de paiement, ces mesures sont rarement appliquées dans la pratique pour des raisons sociales et politiques. L’Office malien de l’habitat, chargé de la gestion du programme, se retrouve ainsi confronté à une accumulation d’arriérés qui fragilise la viabilité du dispositif et suscite un sentiment d’injustice parmi les nombreux demandeurs encore en attente d’un logement.
Au Burkina Faso, un orpailleur de 35 ans comparaît devant la chambre criminelle du tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso pour répondre d’un meurtre survenu dans la localité de Moussobadougou, rapporte Sidwaya. L’accusé reconnaît avoir porté des coups à la victime lors d’une altercation sur un site d’orpaillage, tout en affirmant qu’il n’avait pas l’intention de donner la mort. Le parquet évoque toutefois des faits remontant à la nuit du 28 au 29 décembre 2025 dans la province du Houet, et l’accusé risque jusqu’à trente ans de réclusion criminelle.
Dans le même pays, les autorités ont lancé une opération de diffusion de 710 vaches gestantes importées du Brésil afin de renforcer la production laitière nationale. Selon Sidwaya, ces animaux de races reconnues pour leurs performances laitières ont été réceptionnés à Loumbila par le ministre chargé des Ressources animales et halieutiques, Ismaël Sombié. L’initiative vise à améliorer le potentiel génétique du cheptel et à réduire les importations de produits laitiers, estimées à près de 20 milliards de francs CFA par an. Les autorités espèrent qu’à moyen terme cette opération permettra d’augmenter significativement la production nationale et de renforcer la souveraineté alimentaire.
Au Niger, le gouvernement poursuit ses efforts pour structurer le secteur numérique. Le ministre de la Communication et des Nouvelles Technologies de l’Information, Adji Ali Salatou, a présidé à Niamey l’ouverture d’un atelier consacré à la validation de la Politique nationale de développement du numérique 2026-2035 et du Plan sectoriel de développement du numérique 2026-2030, indique l’Agence Nigérienne de Presse. Ce document stratégique vise notamment à renforcer les infrastructures numériques, développer les compétences technologiques et promouvoir l’e-gouvernement afin de faire du numérique un levier de transformation économique et sociale.
En Guinée, un proche de l’ancien président Alpha Condé, Fodé Moussa Mara, alias « El Sissi », a été remis en liberté après plus de deux ans de détention, rapporte Africaguinee.com. Selon son avocat, Lanciné Diabaté, cette décision fait suite à une procédure de référé pénal. L’intéressé avait été arrêté en novembre 2023 à Conakry et poursuivi pour des faits présumés d’association de malfaiteurs et de troubles à l’ordre public.
Dans la région de Kankan, des femmes de la localité de Töron-Banankö ont manifesté pour dénoncer les dégâts causés par les troupeaux en transhumance dans leurs exploitations agricoles, informe GuineeNews. Certaines manifestantes se sont présentées partiellement dévêtues devant les autorités administratives, un geste symbolique de protestation dans certaines traditions locales. Elles accusent notamment des bouviers étrangers d’être à l’origine de la destruction de leurs champs et demandent aux autorités de trouver une solution durable au conflit récurrent entre agriculteurs et éleveurs.
En Côte d’Ivoire, le gouvernement a fixé les prix planchers obligatoires pour la campagne 2026 de commercialisation des noix de cajou, indique Abidjan.net. Le prix bord champ minimum est désormais établi à 400 francs CFA le kilogramme, tandis que les tarifs varient selon les lieux de vente jusqu’à 484 francs CFA dans les magasins portuaires. Selon le Conseil Coton Anacarde Karité, cette mesure vise à protéger les producteurs, à organiser le marché et à garantir la qualité des produits destinés à l’exportation.
Enfin, au Ghana, les autorités ont officiellement ouvert les demandes de licences pour la culture et l’exploitation du cannabis à des fins industrielles et médicinales, rapporte Pulse Ghana. Le dispositif, lancé par le ministre de l’Intérieur Muntaka Mohammed-Mubarak, prévoit onze catégories de licences couvrant notamment la culture, la transformation, la recherche, le stockage ou encore l’exportation. La mesure, supervisée par la Narcotics Control Commission, vise à exploiter le potentiel économique de cette filière tout en maintenant un cadre réglementaire strict pour protéger la santé publique et la sécurité.
Source : Agence de Presse Africaine (APA)
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