OM-PSG : qu’es-tu devenu, cher Classique ?

So FootFausse modestie, scénario pratiquement toujours couru d’avance et Marseille en crise perpétuelle au moment où arrive le Classique entre l’OM et le PSG. Ce qui était autrefois le point d’orgue de la saison en Ligue 1 a perdu en saveur, au point de n’être plus qu’une journée de championnat lambda ?

C’est censé être un des moments forts du championnat de France, une affiche qui donne la tendance, braque les projecteurs et électrise les discussions. En 2026, quand les meilleurs ennemis marseillais et parisiens se retrouvent au Vélodrome pour en découdre, tout ce folklore semble désormais suranné. Si l’on vend toujours l’atmosphère incandescente du Vélodrome lorsque le rival honni se déplace en Provence, la réalité devrait être tout autre ce dimanche. À 48 heures de la rencontre, le volcan marseillais était loin de faire le plein puisqu’environ 4 000 billets ouverts à la vente au grand public n’avaient toujours pas trouvé preneur, une situation rarissime. Preuve que le Classique est désormais devenu un moment où les histoires se racontent mais ne s’écrivent plus.

Une affiche que plus personne ne tend

Tout ce qui faisait le sel de cette affiche s’est finalement évaporé ces dernières années, même les taquineries tentées par Luis Enrique envers Bruno Genesio en conférence de presse manquent de peps : « C’est un grand entraîneur que tout le monde connaît, qui a un grand niveau. Je reste concentré sur ce qui est important pour moi. Je lui souhaite le meilleur… après le match du PSG. Euh, non, je ne peux pas le lui souhaiter parce qu’il est l’entraîneur de l’Olympique de Marseille. Je retire mes propos ! Excusez-moi, je ne peux pas souhaiter “très bonne chance” à l’entraîneur de Marseille. À Bruno Genesio dans l’avenir, oui ! » Une communication lissée pour ne pas froisser et qui finalement n’intéresse personne. L’OM de son côté n’a pas le cœur à la fête après un début de saison catastrophique pour une victoire et quatre défaites en cinq matchs. Un état de forme ramenant à 1964-1965, sous Mario Zatelli en deuxième division et restée dans les mémoires comme « la pire » de l’histoire olympienne.

Cet intérêt décroissant peut aussi être lié aux interdictions de déplacement des supporters parisiens qui manqueront le voyage à Marseille pour la onzième année consécutive. Si le CUP veut aller en justice pour faire valoir son droit de voyager, cette absence est à déplorer pour les acteurs. À l’instar de Souleymane Diawara qui déplorait cette situation dans nos colonnes la saison dernière : « Les supporters font partie du Classique. Et c’est vrai que quand on arrivait au stade, en tant que joueurs, on aimait ça, de se faire insulter entre guillemets. On se faisait chambrer, ça criait, c’était chaud. Maintenant le fait qu’il n’y ait plus de supporters, bon, ça reste le Classique, mais ça a moins de charme. » La résignation des supporters marseillais marque également un tournant, la rivalité sportive comme symbolique semble désormais au point mort et même la courte victoire phocéenne la saison dernière, la première au Vel depuis 2011 en championnat, est un miroir aux alouettes.

Une rivalité symbolique et sportive au point mort

Luis Enrique a beau feindre de ne pas vouloir faire de son équipe la grande favorite de la rencontre, difficile de ne pas voir le PSG en conquérant malgré son début de saison délicat en championnat. Une fausse modestie du double champion d’Europe qui tend à crisper plus qu’à laisser l’espoir vivre du côté marseillais. L’affiche qui autrefois pouvait changer le destin entre un champion et un vice-champion de France n’a jamais paru aussi déséquilibrée dans son histoire. Les Marseillais restant sur quatre revers consécutifs toutes compétitions confondues n’ont pas trouvé les ressources pour contrecarrer les plans du Paris FC, de Rennes ou de Beşiktaş et semblent encore moins en mesure de pouvoir poser des problèmes à l’armada parisienne, qui pourrait définitivement lancer sa remontée vers les sommets du classement au Vélodrome.

Demain, on va se pencher sur la compo d’équipe, sur ce qu’on peut faire pour embêter ce PSG.

Bruno Genesio, convaincu qu’à moitié

 

Les Marseillais n’ont même plus l’argument d’autorité du « À jamais les premiers », puisque désormais le PSG est devenu à jamais le premier à prendre deux Ligues des champions en France. Après les crises institutionnelles de l’an dernier, c’est désormais la crise sportive qui pointe le bout de son nez et une potentielle place de relégable en cas de défaite avant les trois semaines de trêve internationale. Une situation dont est parfaitement conscient le tacticien olympien comme il l’a évoqué après la débâcle face à Beşiktaş : « C’est le Classique dimanche, tout le monde connaît l’importance de ce match pour les Marseillais et pour nous. Il faut digérer la défaite, ce qu’on va faire jusqu’à demain, et demain on va se pencher sur la compo d’équipe, sur ce qu’on peut faire pour embêter ce PSG. » L’important, c’est d’y croire, comme le rappelait Pascal Obispo dans L’important c’est d’aimer, mais rares sont ceux qui voient encore le Classique comme un hit de l’année du championnat français. À moins que le véritable Classique ne se joue désormais face au Paris FC…

Léna Bernard

Source : So Foot (France)

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