
Jeune Afrique – Il n’a pas donné signe de vie depuis le 31 août. « Moussa Kaka a quitté son bureau à Niamey, la capitale du [Niger], le 31 août vers 19 heures, pour regagner son domicile. Il n’y est jamais arrivé », a annoncé Reporters sans frontières (RSF), mercredi 2 septembre.
L’ONG précise en outre que depuis cette disparition, « ni ses collègues ni sa famille n’ont réussi à le joindre ». Sans accuser les autorités nigériennes, RSF les appellent à « ouvrir immédiatement une enquête » afin de retrouver le journaliste et « d’établir sans délai les circonstances de sa disparition ».
Déjà arrêté en octobre 2025
Directeur de Radio Télévision Saraounia, ancien correspondant de RFI au Niger, Moussa Kaka est un homme de presse célèbre et reconnu bien au-delà des frontières de son pays. Il a notamment été lauréat, en 2008, du prix de la libre expression de l’Union internationale de la presse francophone (UPF). Sa disparition intervient dans un contexte particulièrement tendu, au Niger, alors que les arrestations se multiplient aux lendemains de la « mutinerie » du 29 août.
En octobre, Moussa Kaka avait été interpellé, en même temps que deux autres journalistes, et poursuivi pour « complicité de diffusion de document de nature à troubler l’ordre public », après la diffusion d’une invitation à une conférence de presse du Fonds de solidarité pour la sauvegarde de la patrie (FSSP). Ils avaient recouvré la liberté après le versement d’une caution. Les autorités nigériennes n’ont, pour l’heure, pas officiellement réagi.
En 2007, sous la présidence Mamadou Tandja, il avait déjà eu maille à partir avec la justice. Accusé de « complicité de complot contre l’autorité de l’État », pour avoir échangé avec des membres du Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ), un groupe rebelle touareg, il avait été incarcéré pendant près d’un an.
Source : Jeune Afrique – (Le 03 septembre 2026)
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