Courrier international – “Les échanges de représailles” entre l’Iran et les États-Unis “se sont intensifiés au cours du week-end”, rapporte The Wall Street Journal.
L’armée américaine a déclaré, dimanche 12 juillet au soir, mener de nouveaux bombardements contre des sites iraniens, après avoir frappé le sud du pays la nuit précédente, en représailles à des tirs de Téhéran contre un navire dans le détroit d’Ormuz. Sur le réseau social X, le commandement central de l’armée américaine (Centcom) a précisé que cette nouvelle opération visait à “continuer de dégrader la capacité [de l’Iran] à attaquer des marins civils et des navires commerciaux transitant librement par le détroit d’Ormuz”. Un peu plus tard, lundi matin, le Centcom a évoqué des “dizaines de cibles”, parmi lesquelles “des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations”.
Selon le journaliste d’Al-Jazeera Tohid Asadi, “les États-Unis ont ciblé des villes d’importance géostratégique le long du détroit d’Ormuz”. Des attaques ont notamment eu lieu dans la province de Hormozgan, à Jask et Sirik, sur l’île de Qeshm et à Bandar Abbas, où des explosions ont été signalées.
Des médias d’État iraniens ont affirmé dimanche que l’armée américaine a aussi visé le centre et l’ouest de l’Iran, “y compris des zones éloignées du détroit d’Ormuz”, rapporte The New York Times dans son direct. Un responsable régional a notamment confirmé une frappe américaine dans la région de Khondab, une ville qui abrite “des installations iraniennes de production d’eau lourde”, souligne Al-Jazeera. Celle-ci sert à alimenter les réacteurs nucléaires.
Par ailleurs, une personne a été tuée et quatre autres ont été blessées lundi matin dans un bombardement américain qui a visé “la station de pompage d’eau agricole de la ville de Bandar-e Mahchahr”, dans le sud-ouest de l’Iran, selon le gouverneur adjoint pour la sécurité de la province du Khouzistan (Sud-Ouest), Waliullah Hayati, cité par l’agence officielle Irna.
Déclarations contradictoires sur le statut du détroit d’Ormuz
“La reprise des violences jetait un doute supplémentaire sur l’avenir de l’accord de cessez-le-feu provisoire entre les États-Unis et l’Iran signé le mois dernier”, observe The Guardian.
L’Iran a “fermement condamné” dans la nuit de dimanche à lundi les frappes américaines sur son territoire et reproché à Washington d’avoir “réduit à néant tous les efforts de ces derniers mois” visant à rétablir la paix dans la région. Téhéran a aussi accusé les États-Unis d’avoir “ouvertement violé quasiment tous les termes” du protocole d’accord conclu en juin et causé le “retour de l’insécurité” dans le détroit d’Ormuz, dans un communiqué diffusé par le ministère des Affaires étrangères.
Les violences de ce week-end “ont intensifié la lutte pour le contrôle” de ce “corridor énergétique vital”, note USA Today. Alors que l’Iran a affirmé samedi avoir fermé le détroit d’Ormuz “jusqu’à nouvel ordre”, après avoir tiré des coups de semonce contre un navire qui empruntait une “route non autorisée”, l’administration Trump a contredit dimanche les affirmations de Téhéran, souligne The Washington Post. Le détroit “est ouvert. Nous les avons bombardés comme jamais hier soir”, a notamment affirmé le président américain, Donald Trump, dans l’émission Meet the Press, sur NBC.
Les pays du Golfe ciblés
Dans la nuit de dimanche à lundi, les pays du Golfe se sont, eux, de nouveau “retrouvés pris au milieu” des affrontements américano-iraniens, observe USA Today.
En représailles aux dernières frappes américaines, les Gardiens de la révolution ont dit avoir bombardé des bases militaires utilisées par l’armée américaine en Jordanie, à Bahreïn et au Koweït, selon l’agence Irna. Celle-ci a fait état d’attaques contre les bases aériennes Prince-Hassan, en Jordanie, et Ali-Al-Salem et Ahmad-Al-Jaber, au Koweït, ainsi que contre le centre de commandement de drones américain à Bahreïn.
Source : Courrier international (France)
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