Mme Coumba Bâ, le pari diplomatique de la Mauritanie pour la Francophonie

Le Calame – Discrète, méthodique et rompue aux arcanes du pouvoir, Mme Coumba Bâ s’impose progressivement comme l’une des figures les plus influentes de la diplomatie mauritanienne. Médecin de formation devenue responsable politique puis conseillère présidentielle, elle incarne aujourd’hui le choix de Nouakchott pour porter la candidature de la Mauritanie à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie.

Née le 28 février 1970 dans la localité de Monguel, au sud de la Mauritanie, Coumba Bâ grandit dans une famille attachée à l’éducation et au service public. Son père, instituteur, encourage très tôt ses études. Brillante élève, elle poursuit son parcours universitaire en Afrique de l’Ouest avant d’obtenir un doctorat en chirurgie dentaire à la fin des années 1990. Ses travaux portent notamment sur la santé bucco-dentaire chez les enfants scolarisés de Nouakchott, signe d’un intérêt précoce pour les questions sociales et de santé publique.

Mais c’est finalement dans la sphère politique et administrative que sa carrière va s’affirmer. Au milieu des années 2000, elle est appelée à rejoindre la présidence de la République comme conseillère chargée de la jeunesse, des sports et de la promotion de la femme. Cette première expérience au cœur de l’État lui ouvre les portes des grands dossiers nationaux et régionaux. Très pieuse, Coumba, pour les intimes, est d’une immense et discrète générosité.

Son ascension se confirme sous la présidence de Mohamed Abdel Aziz, qui lui confie plusieurs portefeuilles ministériels à partir de 2009. Elle occupe successivement les fonctions de ministre de la Fonction publique, puis de ministre de la Jeunesse et des Sports, avant de se voir confier les Affaires africaines. À ces postes, elle se forge une réputation de gestionnaire rigoureuse et développe un réseau solide dans les capitales africaines.

L’arrivée au pouvoir du président Mohamed Cheikh Ghazwani en 2019 marque une nouvelle étape dans son parcours. Coumba Bâ devient ministre-conseillère à la présidence de la République, un poste stratégique qui la place au cœur de la diplomatie présidentielle. Elle participe à plusieurs missions sensibles et joue un rôle de relais discret dans les relations de la Mauritanie avec ses partenaires africains et internationaux.

Dans cette dynamique, elle est nommée envoyée spéciale du chef de l’État auprès de la Francophonie, avec rang de ministre. Sa mission consiste notamment à renforcer la présence de la Mauritanie dans l’espace francophone et à consolider ses alliances diplomatiques en vue des grandes échéances internationales.

Aujourd’hui, Nouakchott voit en elle un profil capable de porter les ambitions mauritaniennes au sein de la Francophonie. La perspective d’une candidature à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie, actuellement dirigée par une Rwandaise, illustre cette stratégie.

Polyglotte, habituée aux négociations diplomatiques et familière des institutions internationales, Coumba Bâ incarne une nouvelle génération de responsables politiques africains engagés dans le multilatéralisme. Pour la Mauritanie, son éventuelle accession à la tête de la Francophonie constituerait un signal fort : celui d’un pays qui entend peser davantage sur les grandes organisations internationales et promouvoir une Francophonie plus ancrée dans les réalités du continent africain.

Derrière cette trajectoire se dessine ainsi le portrait d’une femme de dossiers et de réseaux, dont la carrière, patiemment construite dans l’ombre du pouvoir, pourrait désormais prendre une dimension internationale.

 

 

 

Source : Le Calame (Mauritanie) – Le 10 mars 2026

 

 

 

 

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