Méditation soufie du Ramadan

Dieu est plus proche de nous que notre veine jugulaire, mais notre regard est trop souvent tourné vers l’extérieur. Nous Le cherchons dans les hauteurs lointaines alors qu’Il demeure au plus intime de notre être. Entre Sa proximité absolue et notre distraction permanente s’interpose le voile de notre existence, ce tumulte intérieur que nous prenons à tort pour notre vraie identité. Notre esprit agité forge des images, des concepts et des formes, puis les adore comme s’ils étaient Dieu. Mais Dieu est au-delà de toute forme, au-delà de toute pensée, au-delà de toute représentation. Confondre nos constructions mentales avec la Réalité divine, c’est adorer une idole invisible née de nos propres limites. Comment alors connaître Celui qui ne se « voit » pas, sans Le réduire à ce que l’on peut voir, ce qui résulte de Sa véritable visibilité ? Comment contempler l’Invisible sans L’enfermer dans une image qui serait éclipsée par Sa grandeur infinie ? Les maîtres soufis répondent : on ne connaît Dieu qu’en disparaissant de soi-même, de ses héritages, et de tout ce qui tenterait de coexister avec le royaume du Seigneur. Lorsque le moi se tait, Dieu parle. Lorsque le cœur se vide, la Présence visible et non descriptible se révèle. Le Ramadan est l’école sacrée de cet effacement pour ceux qui aspirent à retrouver le néant par la suspension du manteau d’existence. Par le jeûne, le silence, la veille et l’invocation, l’âme apprend à se dépouiller. Ce dépouillement n’est pas une perte, mais une naissance. Car lorsque le voile tombe, ce n’est pas Dieu qui apparaît : c’est nous qui cessons de Lui faire obstacle par notre manteau invisible qu’il faut accrocher dans le vide. Alors le serviteur découvre que la distance n’a jamais existé. Il n’y avait ni chemin à parcourir, ni seuil à franchir. Il n’y avait que le réveil d’une conscience endormie. Et dans ce réveil, le cœur murmure : « Je Te cherchais loin, mais Tu étais plus proche que moi-même, que ma veine jugulaire. » Par conséquent, il urge de modifier et de supprimer toutes les mauvaises données de notre repère d’observation et d’interprétation afin d’être un véritable « Mukallaf », capable de transformer ses pensées spirituelles et temporelles. Jumuah Mubarakah et bon Ramadan.

@Yoo Alla Faabo !

 

Abdoul GUISSÉ, Informaticien.

 

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