
Agence Mauritanienne d’Information – Le Gorgol, situé entre les coordonnées 16°13 de latitude nord et 13°29 de longitude ouest fait partie de ce qu’on appelle communément la Vallée, ce sud mauritanien qui comprend également le flanc méridional des wilayas du Trarza, du Brakna et du Guidimagha. Wilaya limitée au nord et nord-est par l’Assaba, par le Guidimagha au sud et sud-est, le Brakna au nord-ouest et par le Sénégal au sud-ouest, le fleuve étant une frontière naturelle entre les deux pays, le Gorgol entretient d’intenses échanges commerciaux avec ses voisins immédiats, à travers les déplacements de personnes et de biens avant même la naissance de l’État moderne.
La wilaya du Gorgol dont la superficie s’étend sur environ 13 600 km², avec pour capitale Kaédi, est subdivisée administrativement en cinq (5) moughataas : Kaédi, Lexeiba, Maghama, M’Bout, Monguel, d’un arrondissement (Tifoundé Civé) et compte 31 communes symboles d’une décentralisation avancée que les pouvoirs publics s’efforcent de rendre efficiente au niveau de toutes celles du pays, de façon générale.
Selon les données les plus récentes, la population de la wilaya du Gorgol est estimée à plus de 359 000 habitants, (données de 2025), une régression démographique par rapport à 2023 (442 490 personnes) que ne pourrait expliquer que le phénomène de l’exode rural drainant les populations de l’intérieur du pays vers la capitale Nouakchott et les villes ouvrières (Nouadhibou, Zouerate), ou encore le flux (et reflux) de populations non autochtones séjournant par intermittence dans cette wilaya agro-sylvo-pastorale.
A l’image de sa capitale Kaédi, tout le Gorgol bénéficie aujourd’hui des projets et programmes de développement lancés dans le cadre de « Taahoudati » (2019-2024), le premier mandat du président Mohamed Ould Cheikh El-Ghazouani, et de l’entame du deuxième quinquennat baptisé « Mon ambition pour la Patrie » qui vise à vise à renforcer le développement national à travers des initiatives stratégiques en matière de gouvernance, d’économie, et de capital humain.
Un programme quinquennal dont la mise en œuvre au niveau de la wilaya du Gorgol est à l’image aujourd’hui des centaines de chantiers dédiés aux services essentiels et à la croissance économique dans les plus importants centres urbains du pays mais aussi dans cette Mauritanie rurale longtemps laissée-pour-compte, malgré le dérèglement démographique opposant villes et campagne, rendant nécessaire une mise à niveau socioéconomique, sous le sceau de l’urgence, à tous les services essentiels.
Potentialités économiques
Dans cette région sahélienne du Sud de la Mauritanie, les précipitations sont rares et le climat est chaud. Une végétation tente de survivre avec quelques forêts qui subsistent (acacias, quelques baobabs…). Pendant la saison des pluies, de juillet à octobre (la pluviométrie moyenne est comprise entre 350 et 500 mm par an), les terres sableuses se couvrent d’un tapis vert de graminées. Le relief est dominé par un réseau de vallées et par des collines et plateaux ne dépassant pas 200 mètres d’altitude.
L’agriculture est, incontestablement, l’un des piliers de l’économie gorgoloise. Les terres basses de la vallée du Gorgol sont traversées au nord par le Gorgol et longe le fleuve Sénégal dans le sens sud-ouest. C’est pour le pays une zone d’accès relativement bon aux ressources hydrauliques capitales. La vallée du Gorgol s’étale à l’est jusqu’à la wilaya de l’Assaba et au nord jusqu’à celle du Brakna. L’agriculture irriguée y est limitée aux périmètres de Foum Gleita, Lexeiba et dans les environs de Kaédi.
Le Gorgol, zone charnière agro-sylvo-pastorale le long du fleuve Sénégal, tout comme les wilayas du Trarza, du Brakna et du Guidimakha, dispose d’un potentiel économique d’une portée stratégique certaine, notamment au plan agricole avec les PPG (Petits Périmètres du Gorgol) qui sont le grenier en production rizicole et potagère de Kaédi, le barrage de Foum Gleïta, dans la moughataa de M’Bout, au potentiel agricole largement sous-exploité, devant servir de site de production de cannes à sucre, et les jardins maraîchers de Lexeiba, sans oublier les spéculations saisonnières permettant une production appréciable en céréales (cultures de décrue) et l’élevage qui est également l’un des principaux secteur d’activité économique de la région.
L’agriculture sous ses diverses formes (agriculture irriguée, de décrue, derrière les barrages et pluviale, en plus de la culture maraîchère) est l’une des principales activités des populations du Gorgol. La wilaya comprend également la région d’El Atf, une zone pastorale par excellence dont la superficie totale est estimée à environ 250.000 hectares, connue pour sa diversité de végétation et attire les éleveurs venant des différentes wilayas du pays. Le commerce, notamment les échanges avec les wilayas environnantes et le Sénégal, représente l’un des piliers de l’économie locale.
L’importance accordée par l’Etat au secteur agricole dans la wilaya du Gorgol s’est traduite, en 2025, par l’augmentation notable des superficies cultivées atteignant 12.000 hectares en agriculture pluviale, 25.000 hectares en agriculture de décrue, et 2.068 hectares en agriculture derrière les barrages. Pour aider les producteurs agricoles, l’Etat a distribué 130 canons sonores pour la lutte contre les oiseaux, 3000 mètres de barbelés avec leurs accessoires, 4 pompes solaires et 8 diesels, ainsi que 250 caisses pour le transport des légumes, dont 200 au profit des agriculteurs de Foum-Gleita et 50 pour ceux de Maghama. Cette aide à l’amélioration de la production agricole comprenait également, la distribution de 260 litres de pesticides, 4 tonnes d’engrais (de deux sortes), la fourniture de 100 tonnes de semences traditionnelles, 4 tonnes de semences de blé, 548 kg de semences de légumes et 40 tonnes de semences de pommes de terre, 160 charrues traditionnelles et 445 unités d’équipement de jardinage, avec la clôture de 37 zones agricoles sur une longueur de 90 km, et l’utilisation de 30 heures de travail sur les 2500 allouées à la réhabilitation des petits barrages en terre.
L’élevage est également l’une des économies primordiales de la wilaya du Gorgol qui compte 494.873 têtes de bovins, 33.438 têtes de chameaux, 1.688.949 têtes d’ovins et de caprins, et environ 100.000 têtes de chevaux et d’ânes, selon le recensement de 2024. Il est à noter, comme signe réconfortant pour cette précieuse richesse animale, que l’état de santé du cheptel est stable à l’exception d’un foyer limité de pleuropneumonie contagieuse bovine qui a été traité en temps opportun. La campagne de vaccination a couvert à ce jour environ 100.000 têtes de bovins et 400.000 têtes d’ovins. Elle s’est poursuivie avec la disponibilité de 170 enclos de vaccination et 8 pharmacies, et l’examen de 8400 têtes de bovins et 24.500 moutons et 1100 chameaux l’année dernière.
Culture et histoire
Le Gorgol se distingue également par sa diversité démographique, la symbiose entre les différentes composantes de sa population et sa richesse culturelle arabe et africaine dont la meilleure illustration est la création, à partir de la cité historique de Djéol, des écoles El Fellah par El Haj Mahmoud Ba al foutanki.
A l’époque coloniale, le cercle du Gorgol a été établi par l’arrêté du 25 décembre 1905, modifié par celui 1913, puis a vu son territoire réduit lors de la création du Guidimagha en 1921.
C’est une région cosmopolite où cohabitent Peuls, Soninkés et Maures, avec une forte diversité culturelle. Il y a une décennie, le Gorgol comptait encore parmi les wilayas du pays avec des taux de pauvreté élevés et à une forte émigration de ses forces vives.
Kaédi, capitale historique et politique du Gorgol, est située à plus de 440 kms au sud-est de Nouakchott. Elle est l’un des plus anciens sites de la moyenne vallée du fleuve Sénégal, puisqu’elle aurait été fondée aux environs de 1859.
La ville, carrefour des échanges commerciaux, est devenue, au fil du temps, le creuset d’une culture mauritanienne où les langues nationales s’interpénètrent et brisent les barrières linguistiques facilitant les rapports sociaux et créant un cosmopolitisme qui n’a d’égal que celui que l’on rencontre à Nouakchott, Nouadhibou, Kiffa ou Rosso.
Traditionnellement, le Gorgol constitue, avec le Guidimagha, la zone la plus touchée par la migration des forces vives (main d’œuvre et intellectuels) vers l’Europe, l’Amérique, l’Afrique de l’Ouest et Nouakchott, à la recherche de meilleures conditions pour la satisfaction des besoins fondamentaux de leurs familles. L’argent rapatrié par la diaspora constituait un précieux appoint à l’action de l’État dans une région dont 50% de la population continue à vivre encore dans le monde rural.
Sneiba Mohamed
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