
Après le poisson si cher sur le marché local, c’est la cherté de la viande rouge qui suscite des inquiétudes des consommateurs mauritaniens pour un pays disposant du plus grand cheptel par habitant (bovins, camelins, ovins, caprins) en Afrique.
Les consommateurs mauritaniens n’en reviennent pas surtout en cette période du Ramadan où la viande rouge se vend très chère sur les étals dans la capitale. Ce dysfonctionnement structurel qui touche également le poisson inquiète les observateurs qui pointent un pays disposant du plus grand cheptel dans la sous-région. Ce paradoxe 20 millions de têtes pour moins de 5 millions de Mauritaniens, s’explique par une combinaison de facteurs économiques, institutionnels et culturels. L’absence d’abattoirs modernes y est pour beaucoup. Et puis le marché mauritanien est dominé par des grossistes, des intermédiaires et des bouchers qui répercutent les marges sur les consommateurs sans l’intervention de l’Etat.
Le problème jusqu’ici réside dans la politique d’exportation massive vers le Sénégal, le Mali et les pays du Golfe non maîtrisée. Pas étonnant que Nouakchott abritant plus d’un tiers de la population la viande y soit plus chère. La viande rouge vendue pour le mouton à 400 ouguiyas, le bœuf autour de 270 ouguiyas et le chameau à 250 devient un produit de luxe pour une partie des ménages. La viande rouge comme le poisson devient ainsi une frustration sociale. La cherté devient ainsi un symbole de l’inefficacité de l’Etat.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
(Reçu à Kassataya.com le 21 février 2026)
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