Mauritanie : vers un dialogue politique encore biaisé en 2026

Une année de consultations et de tergiversations ne suffira pas pour un dialogue politique initié par le président mauritanien et qui pourrait avoir essentiellement sur la table des négociations la majorité présidentielle et l’opposition dans sa diversité.

 

Cette lenteur des assises nationales est révélatrice d’un pouvoir qui utilise le dialogue comme un outil de gestion conjoncturelle, sans intention de réformes profondes. Une année de tergiversations qui s’annonce avec une majorité présidentielle face à une opposition désunie et piégée par Ould Ghazouani dont l’implication se résume seulement à recevoir une commission de six membres alors que l’opposition veut une commission indépendante chargée de garantir l’application des conclusions du dialogue. La présence du président des FPC dans les négociations alors que son parti n’est pas reconnu officiellement depuis plus d’une décennie, est considérée par les observateurs comme une tromperie politique, un vernis démocratique. Au-delà , c’est la légitimité du processus qui est pointée du doigt. Autrement dit, le dialogue pourrait empêcher d’aborder les sujets sensibles comme le règlement définitif du passif humanitaire, les réformes électorales avec une CENI vraiment indépendante et un conseil constitutionnel représentatif et enfin l’officialisation des langues nationales. L’héritage de l’ingérence militaire dans la vie politique depuis 1978 reste un frein majeur à la confiance.

 

 

Cherif Kane

Coordinateur journaliste

 

 

 

(Reçu à Kassataya.com le 03 janvier 2026)

 

 

 

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