A quelques jours de la rentrée scolaire en Mauritanie, la contestation monte dans le secteur de l’enseignement privé. A Nouakchott, les écoles privées sont vent debout contre la disparition progressive du fondamental.
Cette réforme éducative qui entre dans sa troisième année à la rentrée prochaine, modifie les règles du jeu entre le privé et le public depuis des décennies. Elle est perçue depuis 2022 comme une menace potentielle pour un secteur qui a développé ses propres modèles pédagogiques et économiques. Ces choix relatifs aux langues d’enseignement dépassent le simple cadre scolaire et touchent à des enjeux identitaires, culturels et professionnels. Plusieurs établissements privés à Nouakchott vent debout cette semaine, notamment ceux qui misent sur des cursus bilingues, craignent que les nouvelles orientations ne remettent en cause définitivement le fondamental. Le pire dans ce bras de fer, les autorités semblent déterminées à poursuivre un chantier qu’elles considèrent stratégique pour l’avenir de l’éducation nationale. Alors que les premiers résultats sont alarmants. Sureffectif des classes, migration scolaire vers les pays voisins, exclusion des écoliers non arabophones. D’après le dernier rapport d’État du système éducatif national (RESEN), le taux d’achèvement du cycle primaire reste inférieur à 70 %, un niveau encore éloigné des objectifs de développement fixés à l’horizon 2030. Cette réforme met en lumière un débat de fond sur la place du secteur privé dans l’éducation.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
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