
Depuis le 21 octobre dernier, la famille Koumé expulsée vit sous une tente près de chez elle. Des députés, des avocats et d’autres personnalités et de simples citoyens lui ont rendu visite. Mais cette solidarité ne suffit pas pour renverser le système.
L’émotion et l’indignation ne suffisent pas si elles ne débouchent pas sur une mobilisation capable d’obtenir des réponses précises sur les conditions de l’expulsion. Le dossier a désormais largement dépassé le simple cadre d’un différend foncier. C’est toute une famille dans la rue. L’affaire Koumé interroge surtout le fonctionnement de l’État de droit en Mauritanie. C’est précisément là que la solidarité doit prendre une autre dimension. Les Mauritaniens dans leur diversité doivent exiger la transparence. La famille Koumé n’a pas besoin d’une solidarité de circonstance. Elle a besoin d’institutions devant lesquelles aucun citoyen ne se sente condamné d’avance. Elle a besoin de la solidarité agissante de sa communauté toujours recroquevillée sur elle-même dans des moments difficiles. La solidarité véritable commence là où s’arrête la compassion. Les circonstances exigent une mobilisation qui dépasse de simples visites considérées comme des gestes symboliques.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
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