Mauritanie : une réforme qui exclut les retraités, ceux qui font tenir l’école

En débloquant la première tranche de l’aide au logement des enseignants, le gouvernement mauritanien confirme en réalité son dispositif partiel, sélectif et profondément injuste. Cette réforme exclut les premiers concernés, les retraités.

Derrière les chiffres triomphants de déblocage de la première tranche de l’aide au logement des enseignants, près de 7 milliards d’ouguiyas et les discours sur la « valorisation du métier », l’Etat mauritanien continue de traiter les enseignants comme une variable d’ajustement. Le critère des 15 ans de service effectif est devenu une arme d’exclusion massive. Il a écarté des milliers de retraités, pourtant ceux qui ont porté l’école mauritanienne dans les années les plus difficiles. Le Fonds d’appui au logement ne touche qu’une infime minorité soit 1 372 bénéficiaires sur plus de 30 000 enseignants. Le logement des enseignants, comme l’autonomisation des jeunes et des femmes, est devenu un outil de mise en scène politique. Les enseignants ne demandent pas seulement un toit mais des conditions dignes d’existence. Et d’autre part, cette aide au logement cache une triste réalité de classes surpeuplées, de migration scolaire vers les pays voisins. L’école républicaine ne se construit pas avec des annonces.

 

 

Cherif Kane

Coordinateur journaliste

 

 

 

(Reçu à Kassataya.com le 07 mai 2026)

 

 

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