L’atelier ouvert cette semaine à Nouakchott sur l’employabilité des jeunes de la vallée en partenariat avec la banque mondiale, est considéré par les observateurs comme une politisation du développement dans cette partie du sud de la Mauritanie, oubliée depuis longtemps dans les politiques publiques.
Plus de 60 % de la population mauritanienne ont de moins de 25 ans dont au moins 40 pour cent sont au chômage et plus de la moitié ont l’informel comme horizon dominant. Mais surtout beaucoup de jeunes dans la vallée vivent une scolarité discontinue depuis 2022, révélatrice des inégalités territoriales. L’atelier sur leur employabilité s’inscrit ainsi dans une démarche du gouvernement pour accompagner les jeunes qui vivent depuis longtemps dans une économie de survie et qui ont du mal à s’insérer dans des activités génératrices de l’emploi. Cette opération financée par la Banque mondiale est considérée par les observateurs comme une mise en scène du développement de la vallée. En réalité, les jeunes de la vallée font face depuis très longtemps à des recrutements assez souvent centralisés à Nouakchott, basés sur les réseaux, politisés ou réservés à des profils déjà insérés. Ils en ras-le-bol des ateliers en trompe-l’œil. L’avenir des régions du Sud ne se joue pas seulement dans ce genre de rencontres mais dans la capacité des jeunes à peser sur les décisions publiques. Autrement dit, l’employabilité n’est pas seulement une question de compétences, mais un enjeu structurel, lié à la gouvernance, à l’aménagement du territoire et à la justice sociale.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
(Reçu à Kassataya.com le 29 avril 2026)
Les opinions exprimées dans cette rubrique n’engagent que leurs auteurs. Elles ne reflètent en aucune manière la position de www.kassataya.com
Diffusion partielle ou totale interdite sans la mention : Source www.kassataya.com

