En Mauritanie, la naturalisation repose sur un Etat-civil fragile, incomplet voire contesté depuis 2011 avec le recensement biométrique qualifié de discriminatoire.par les observateurs. Le record de naturalisations d’étrangers en 2025 est la partie émergée de l’iceberg des enjeux de cohésion nationale.
L’état civil mauritanien offre un terrain complexe pour les procédures de naturalisation. Malgré un record en 2025 d’étrangers naturalises, le processus d’acquisition reste complexe pour les communautés frontalières (Sénégal, Mali. Sahara) qui ont des liens familiaux transnationaux. La preuve de nationalité ou de résidence reste compliquée avec des lois qui obéissent à des critères qui se heurtent à la réalité des demandeurs sans acte de naissance fiable, sans filiation documentée ou avec des documents contradictoires d’où le rejet assez souvent ou blocage.
Les difficultés de naturalisation touchent surtout les communautés marginalisées, les négro-africains et les harratines victimes de l’état civil biométrique discriminatoire de 2011. Des milliers de Mauritaniens sont devenus des apatrides et des étrangers chez eux. Leurs enfants ne fréquentent plus l’école faute d’état civil.Ensuite viennent les populations transfrontalières, les réfugiés maliens de plus en plus nombreux dans les camps de Mbera à la frontière et enfin les enfants nés hors mariage ou non déclarés. Les réformes engagées se heurtent à une administration monocolore et exclusive. Les observateurs pointent l’instrumentalisation politique de l’état civil privilégiant la sécurité au détriment de l’inclusion des populations concernées. Ce processus de naturalisation légal est considéré exigeant mais difficile à appliquer.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
(Reçu à Kassataya.com le 26 janvier 2026)
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