Mauritanie : une mise en scène de la proximité de Ould Ghazouani à Maghama

La deuxième étape de la tournée du président mauritanien dans le Gorgol a une résonance particulière. Maghama n’est pas un arrêt symbolique mais intégrée dans une démarche.

Maghama présente plusieurs particularités dont la plus importante c’est la ville où le premier citoyen Lamine Mangane sous le régime de Ould Aziz est assassiné pour avoir manifesté contre un recensement biométrique discriminatoire. Un meurtre resté jusqu’ici impuni. Deuxième particularité, cette région peuplée abrite seulement un centre d’enrôlement où les populations ont l’impression que l’agence nationale de les a oubliées. Beaucoup de jeunes sont devenus des apatrides et des étrangers chez eux. Le message de Ould Ghazouani pour inviter les populations à fournir des efforts pour leur état-civil est mal perçu et ressemble fort à des insultes. Ce blocage des droits des citoyens est un marqueur du régime de Ould Ghazouani depuis 2019.

Troisième particularité. Comme Kaédi et toutes les localités visitées, Maghama souffre d’un manque d’infrastructures depuis des décennies. La mobilisation en trompe l’œil est le résultat d’un appareil administratif qui n’hésite pas à acheter les consciences. Cette seconde étape illustre la tension classique entre discours de développement et réalité des politiques publiques, particulièrement dans les zones rurales marginalisées comme Maghama.

 

Cherif Kane

Coordinateur journaliste

 

 

 

(Reçu à Kassataya.com le 13 février 2026)

 

 

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