Mauritanie : une féministe victime de cyberharcèlement après avoir dénoncé des viols

RFIEn Mauritanie, une féministe et défenseure des droits des femmes est victime de cyberharcèlement sur les réseaux sociaux, après avoir dénoncé à la télévision les cas de viol dont sont victimes des fillettes et des femmes dans le pays.

C’est sur le plateau de Sahel TV que Lalla Aicha Houme a dénoncé les viols à répétition dont sont victimes les filles et les femmes en Mauritanie. Selon elle, elle est harcelée pour avoir pointé du doigt l’application sans réserve de la loi dite Karama, une loi examinée en Conseil des ministres il y a plusieurs années, mais jamais adoptée par l’Assemblée nationale.

Cette loi est censée protéger les femmes contre les violences et les crimes. « Sur Sahel TV, j’ai demandé une loi pour criminaliser le viol et protéger les femmes, en disant que la source d’une loi, qu’elle soit la charia ou la Constitution, relève du législateur et que nos lois doivent respecter nos principes islamiques », raconte-t-elle

« Mes propos ont été coupés et déformés »

Depuis cette sortie médiatique, Lalla Aicha Houme subit des menaces incessantes sur les réseaux sociaux. Elle a décidé de porter plainte auprès des autorités judiciaires du pays. « Mes propos ont été coupés et déformés. Je reçois des insultes, des menaces et des accusations. J’ai déposé plainte ce matin. J’appelle l’État à garantir ma liberté d’expression et ma sécurité, car je me sens en danger, et j’espère que justice sera rendue. »

Dans son combat, Lalla Aicha Houme bénéficie du soutien de Rougui Makha Soumare, membre de l’association L’Art du féminisme. « Ce n’est pas de la critique, c’est une attaque violente et du cyberharcèlement. Celles et ceux qui l’attaquent ne l’ont pas fait pour ses idées, mais pour sa personne, affirme-t-il. D’abord parce qu’on voyait quelques mèches de ses cheveux : pour eux, elle n’a pas le droit d’être écoutée. Ensuite parce qu’elle est féministe, et ça suffit à en faire une cible. Et c’est ça le plus dangereux. On ne débat plus des idées, on juge la personne avant même de l’écouter. »

Début septembre, le viol d’une fillette de 7 ans à Nouakchott a suscité une vive émotion et relancé le débat sur la sécurité des femmes en Mauritanie.

 

 

Notre correspondant à Nouakchott, Moussa Oumar Barry

 

 

 

Source : RFI

 

 

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