Mauritanie : une Banque Centrale faible, politisée et incapable d’imposer la discipline

Le système financier national est dans le collimateur du Conseil Prudentiel de Résolution et de Stabilité Financière (CPRSF) dont le constat de défaillance inquiète les observateurs qui pointent un déficit d’indépendance de la Banque centrale.

Ce sont les scandales bancaires qui tournent autour de l’insolvabilité des banques, des prêts fictifs et enfin le blanchiment des capitaux qui sont pointés du doigt comme traités politiquement, non techniquement. La faible confiance des Mauritaniens à l’ouguiya y est également pour beaucoup. C’est parce que la banque centrale est devenue un acteur pris dans les réseaux du pouvoir, incapable aujourd’hui de sanctionner les abus ni orienter le crédit vers les secteurs productifs. La bourse de Nouakchott nouvellement créée n’existe que sur le papier donc sans entreprises cotées. Les programmes publics sont clientélistes, non productifs. La microfinance est devenue un outil politique de contrôle social et non un levier d’autonomisation économique chère à Ould Ghazouani. Cette défaillance du système financier réside dans les secteurs clés (pêche, mines, commerce, hydrocarbures) contrôlés par des groupes rentiers. Ce paradoxe explique que les banques mauritaniennes financent sans hésiter les monopoles, les spéculations, les importations inutiles.

 

 

Cherif Kane

Coordinateur journaliste

 

 

 

(Reçu à Kassataya.com le 19 mai 2026)

 

 

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