La suspension de la séance cette semaine à l’Assemblée nationale à cause des passe- d’armes entre la majorité et l’opposition sur des accusations de discriminations au sein de l’administration, est un révélateur brutal de l’injustice structurelle.
En dénonçant les discriminations au sein de l’administration qui ne datent pas d’aujourd’hui mais exacerbées par le régime de Ould Ghazouani, l’opposition est dans son rôle. C’est la diversité qui s’exprime dans l’hémicycle. Les joutes verbales relayées par la majorité au point que la séance soit suspendue, laissent apparaître un parlement devenu un sanctuaire de réseaux tribaux et des relais du pouvoir exécutif. Quand les députés de la majorité évoquent les discriminations, ce n’est pas pour les combattre. Et quand ils parlent d’unité nationale, ce n’est pas pour la construire. Le parlement est devenu le théâtre de l’hypocrisie nationale. Cette tension au sein du parlement reflète la fragmentation dans un pays où les frustrations populaires sont recyclées en discours creux par la majorité, sans jamais se transformer en politiques publiques. Les discriminations sont visibles partout. Les nier amplifie la fracture sociale au lieu de la réparer.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
(Reçu à Kassataya.com le 16 mai 2026)
Les opinions exprimées dans cette rubrique n’engagent que leurs auteurs. Elles ne reflètent en aucune manière la position de www.kassataya.com
Diffusion partielle ou totale interdite sans la mention : Source www.kassataya.com

