C’est sous le régime du génocidaire Ould Taya de 1984 à 2005 que la Mauritanie a basculé dans un système où l’armée est devenue un bras armé tribal. L’arrivée de Ould Ghazouani au pouvoir en 2019 a exacerbé ce système où les postes clés de l’armée sont distribués selon des équilibres claniques, lignagères et régionaux.
En réalité, c’est que l’armée mauritanienne n’a jamais été pensée comme un outil républicain au service de tous les Mauritaniens. Les nominations aux postes de commandement de l’armée et des forces de sécurité obéissent à des logiques de fidélité tribale, de politique politicienne et non de compétence. L’armée devient ainsi un instrument de continuité oligarchique, pas un pilier républicain. Les communautés négro-africaines et harratines sont sous-représentées, marginalisées dans les unités stratégiques. Cette armée tribale et monocolore empêche la construction d’un État moderne qui repose sur des institutions impersonnelles et sur une chaîne de commandement professionnel. Or une armée tribale court-circuite les institutions au profit des réseaux d’allégeance empêchant ainsi l’alternance démocratique à laquelle aspire le peuple mauritanien depuis 1978. La République reste alors un slogan et la démocratie un décor et l’Etat une fiction administrative.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
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