Mauritanie : une alternance possible, mais non probable en 2029

Face au recul de la liberté de presse et de l’indépendance de la justice, la seule coalition de l’opposition antisystème monte au créneau cette semaine à Nouakchott et relance le débat sur l’alternance démocratique.

Depuis la réélection de Ould Ghazouani en 2024, les Mauritaniens font face à des restrictions des libertés publiques, des pressions sécuritaires sur les manifestations de militants d’organisation nationales des droits de l’homme, d’associations, de militants anti-esclavagistes et d’arrestations même de députés affaiblissant ainsi le parlement et portant atteinte à l’indépendance judiciaire.

Ces reculs de la démocratie relancent le débat sur l’alternance démocratique à laquelle aspire le peuple mauritanien en 2029. Face aux atermoiements de la majorité présidentielle sur le troisième mandat de Ould Ghazouani, l’enjeu n’est pas seulement électoral. Il touche à la légitimité de l’État d’abord avec des institutions électorales insuffisamment indépendantes. La Commission électorale nationale indépendante (CENI) est perçue comme dépendante de l’exécutif et surtout comme un organe de tricherie politique et de fraude. Ensuite par rapport à la stabilité politique, les observateurs pointent le blocage du dialogue politique depuis 2024, révélateur de la règle de jeu de Ould Ghazouani pour achever son deuxième mandat. Et enfin par rapport à la cohésion sociale, ce système politique ne réduit pas la fracture sociale. Il augmente les tensions communautaires.

 

 

Cherif Kane

Coordinateur journaliste

 

 

 

(Reçu à Kassataya.com le 23 avril 2026)

 

 

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