La vulnérabilité climatique dans le Sud mauritanien est un secret de polichinelle. Ce sont les populations du Guidimakha, du Hodh Ech Chargui, au sud-est du pays, qui viennent d’être pointées du doigt par une étude de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Cette vulnérabilité climatique de la vallée du fleuve Sénégal apparaît comme le résultat d’une double crise : une crise écologique provoquée par les dérèglements climatiques et une crise de gouvernance née de décennies d’aménagements avec peu de résultats de production. Ce sont les populations du Guidimakha, du Hodh Ech Chargui, au sud-est du pays qui sont les plus exposées à ce dérèglement climatique malgré les investissements réalisés dans l’agriculture irriguée et les aménagements hydrauliques. Les ménages les plus pauvres subissent davantage les conséquences des sécheresses et des inondations en raison de ressources limitées. C’est ainsi que cette vulnérabilité climatique contribue ainsi à renforcer l’exode rural et le départ des jeunes vers les centres urbains ou l’émigration. La crise climatique qui frappe la vallée du fleuve Sénégal n’est pas seulement une crise de la nature. C’est aussi une crise de justice territoriale. Les populations du Sud demeurent les plus fragiles dans le pays. Ce sont elles qui supportent le poids des crises faute de moyens de protection des terres agricoles.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
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