Plus de quinze mois après l’annonce du dialogue national, aucune date d’ouverture n’a été fixée. Cette attente prolongée nourrit un scepticisme croissant dans l’opinion et au sein de la classe politique.
Ce blocage ne laisse aucun doute que le dialogue national s’éloigne. Le président mauritanien tente de débloquer la situation en convoquant au palais le président du parti INSAF et sans doute le président de l’institution de l’opposition. Le doute existe sur la volonté politique réelle d’aboutir après plus de 15 mois de consultation entre les différentes parties concernées. L’absence de cadrage thématique clair empêche les acteurs de se projeter et renforce les suspicions mutuelles. Au cœur des désaccords, la question des mandats introduite par la majorité.
Cette confiscation a transformé le dialogue en outil de diversion en essayant d’imposer des thèmes pour ne pas changer les règles du jeu fixées par Ould Ghazouani. Le vrai enjeu est ailleurs. Il s’agit d’empêcher toute remise en cause de l’hyper‑présidentialisme. Encore une fois, l’opposition se retrouve piégée dans un faux processus. Le coordinateur national lui demande de participer à un dialogue déjà verrouillé. La stratégie de Ould Ghazouani c’est de nourrir l’ambiguïté présidentielle pour préparer son dauphin d’ici 2029. C’est une chance historique pour l’opposition pour une alternance démocratique, cette fois-ci en changeant les cartes c’est-à-dire arriver à déverrouiller le système avec un nouveau code électoral et une nouvelle commission nationale électorale indépendante (CENI). Sinon, le dialogue national restera un théâtre politique.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
(Reçu à Kassataya.com le 04 juin 2026)
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