Mauritanie : un arsenal répressif hypertrophié contre les stupéfiants

Le projet de loi mauritanien sur les stupéfiants qui vient d’être adopté par le gouvernement, se présente comme un texte de durcissement sécuritaire. Les observateurs sont sceptiques face à l’ampleur du trafic de la drogue et pointent un texte qui criminalise plus qu’il ne protège le citoyen.

Il suffit de regarder de près le texte qui abroge la loi de 1999 pour instaurer un cadre beaucoup plus intrusif, incluant infiltration, surveillance électronique, interception des communications, géolocalisation. La liste est longue pour se rendre compte de la difficulté des enquêtes qui seront encadrées par des juges. Cette technique ouvre la voie à une surveillance généralisée dans un pays où les contre‑pouvoirs institutionnels sont faibles. En mettant en avant la thérapie de certains consommateurs vers des centres spécialisés, le texte se soucie des plus vulnérables en particulier les jeunes mais n’attaque pas les véritables acteurs du trafic international, les narcotrafiquants. Cette faiblesse de la loi est dictée par les pressions internationales et la géopolitique régionale. Ce projet de loi ne traduit pas une véritable politique sociale de la jeunesse. Ce n’est pas une réponse à la drogue très présente dans les quartiers populaires de Nouakchott. Sous prétexte de “sécurité”, le gouvernement mauritanien fabrique une machine pénale pour les commissariats, pas pour les citoyens.

 

 

Cherif Kane

Coordinateur journaliste

 

 

 

(Reçu à Kassataya.com le 31 août 2026)

 

 

Les opinions exprimées dans cette rubrique n’engagent que leurs auteurs. Elles ne reflètent en aucune manière la position de www.kassataya.com

 

Diffusion partielle ou totale interdite sans la mention : Source www.kassataya.com

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page