98 % d’employés mauritaniens chez Tasiast et plus de 230 entreprises nationales partenaires. Ces chiffres présentés à l’issue de la visite du ministre des Mines et de l’Industrie sur le terrain, sont suffisamment impressionnants pour alimenter un discours de réussite du contenu local.
Derrière ces chiffres triomphants, les observateurs attendent que l’État exige désormais la transparence sur les postes stratégiques, les salaires, les contrats et la valeur réellement captée par l’économie mauritanienne. En indiquant que les employés mauritaniens représentent plus de 97 % des effectifs de TMLSA et qu’environ 4 000 personnes travaillent en permanence sur le site, Kinross Tasiast ne dit pas tout. Ce résultat ne suffit pas à mesurer la souveraineté économique.
Les informations ne donnent pas la ventilation de ces 97 pour cent de Mauritaniens entre ouvriers, techniciens, ingénieurs, cadres supérieurs et dirigeants. Même interrogation autour des plus de 230 entreprises nationales comme opérateurs partenaires. Les observateurs s’interrogent sur ce qu’ils peuvent capter réellement au niveau des marchés stratégiques. Les sources disponibles ne donnent pas cette ventilation. Les citoyens sont en droit d’exiger autre chose qu’un chiffre global. Et puis la puissance de Tasiast avec 5,1 millions d’onces d’or produites, impose cette exigence. Et c’est l’Etat qui en bénéficie avec 7 milliards de dollars versés au Trésor public entre 2010 et 2025. Tous ces chiffres doivent être mis en débat et audités. La Mauritanie doit progressivement devenir le pays qui possède les compétences, les entreprises, l’expertise et une part croissante de la valeur ajoutée de son industrie minière.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
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