
Initiatives News – De Boghé aux plus hautes sphères de la société civile en Mauritanie, Seniya Yarah Allah incarne depuis plus de deux décennies un engagement sans relâche pour les droits humains, et en particulier pour la dignité et la protection des femmes.

Née dans le sud de la Mauritanie, Seniya Yarah Allah également connue sous le nom de Seniya Bocoum est institutrice. Elle s’est très tôt distinguée par une sensibilité aiguë aux injustices sociales.
À 15 ans déjà, elle s’était engagée aux côtés des plus vulnérables : enfants de la rue, talibés, personnes en situation de mendicité. Une immersion précoce dans les réalités sociales qui façonne durablement son parcours.Issue d’un métissage entre les communautés peule et maure, elle porte une identité plurielle qui nourrit son combat pour la cohésion sociale et l’égalité.
Depuis plus de 26 ans, elle œuvre avec constance pour la promotion et la défense des droits humains, avec une conviction forte : les droits des femmes ne doivent jamais être négociés.En 2006, elle franchit un cap décisif en fondant l’ONG Femme et Résilience pour les Droits Humains en Mauritanie. L’objectif est clair : offrir un espace de protection, d’écoute et d’accompagnement aux femmes victimes de violences. Quelques années plus tard, en 2014, elle en prend la présidence, consolidant son rôle de leader et donnant une nouvelle impulsion à l’organisation, désormais reconnue à l’échelle nationale.
Son engagement se traduit par des actions concrètes sur le terrain : médiation, assistance juridique, orientation et accompagnement des victimes. Mais au-delà de l’aide immédiate, elle s’attaque aux causes profondes des violences, plaidant pour un changement des mentalités et une évolution du cadre légal.
Entre 2016 et 2019, elle met son expertise au service des institutions en siégeant à la Commission Nationale des Droits de l’Homme ainsi qu’à l’Observatoire des Droits des Femmes et des Filles.
Elle y défend une approche exigeante, centrée sur la responsabilité des institutions face aux violations des droits.Parallèlement, en tant que point focal de la société civile au sein du Partenariat de Ouagadougou en Mauritanie, elle milite pour l’accès des femmes à des services de santé reproductive dignes, considérés comme un levier essentiel d’autonomie et de liberté.« Je ne me bats pas par choix, mais parce que le silence serait une complicité », affirme-t-elle, résumant en une phrase la philosophie qui guide son engagement.
À travers son parcours, Seniya Yarah Allah dessine les contours d’une Mauritanie plus juste, où les droits des femmes ne sont pas seulement proclamés, mais réellement appliqués.Mais face aux résistances sociales, aux pesanteurs culturelles et aux défis institutionnels, une question demeure : jusqu’où faudra-t-il aller pour que ce combat ne repose plus sur quelques voix courageuses, mais devienne une responsabilité collective ?

Ousmane Hamed Doukouré
Source : Initiatives News (Mauritanie)




