Dans un contexte où le président mauritanien gagne du temps à initier un dialogue national, les observateurs reviennent sur le verrouillage du jeu électoral par le pouvoir militaire depuis 1991.
Ce dispositif de reproduction du pouvoir depuis 45 ans n’est pas un mécanisme démocratique auquel tous les locataires du palais de Nouakchott en ont profité. Ould Ghazouani ne fait pas exception à la règle en 2019. Son deuxième mandat en 2024 était entaché de tricherie politique qui résulte du système electoral verrouillé par une CENi qui n’est pas arbitre mais un instrument de fraude et une administration entièrement dévouée au parti du chef de l’Etat. C’est cette mise en scène du vote des citoyens qui perdure et qui fait la force du système électoral. L’absence de sa réforme constitue un grand handicap pour l’opposition qui entend prendre les clés de la Maison brune. C’est la condition de survie de la démocratie. Dans un contexte où Ould Ghazouani tente de dénouer un dialogue national en panne depuis sa réélection, la réforme électorale est d’actualité. La Mauritanie est un pays où l’opposition est tolérée mais jamais autorisée à gouverner. Ce paradoxe doit faire réfléchir une opposition qui parle mais que Ould Ghazouani semble ne pas autoriser à gagner. Les semaines à venir seront décisives pour l’opposition dont le réveil brutal peut amorcer un nouveau rapport de force.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
(Reçu à Kassataya.com le 11 juin 2026)
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Diffusion partielle ou totale interdite sans la mention : Source www.kassataya.com
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