Mauritanie : quand Ghazouani désavoue ARMA, c’est aussi l’État qui doit rendre des comptes

En désavouant ARMA, la société marocaine qui gère la propreté de Nouakchott, le président mauritanien fait en même temps un aveu d’échec de sa réforme sur les marchés publics. C’est un constat qui arrive après plusieurs alertes de son gouvernement.

Le dysfonctionnement d’une telle société qui dispose pourtant d’expériences et d’équipements modernes, est incompréhensible. Le désaveu de Ould Ghazouani serait trop facile de transformer ARMA en unique responsable. Au-delà de ce constat présidentiel, c’est la responsabilité collective qui est pointée du doigt par les observateurs. Cependant la responsabilité civique des habitants ne peut devenir un paravent permettant de relativiser les obligations d’un prestataire rémunéré pour assurer un service public ni celles des administrations chargées de le contrôler. La propreté de Nouakchott n’a pas besoin d’un avertissement supplémentaire. Les Nouakchottois attendent désormais des comptes et un gouvernement qui agit et non qui réagit à chaque problème. La saleté de la capitale ne peut plus être traitée à coups de déclarations indignées, de visites officielles et d’avertissements successifs. Nouakchott ne se nettoie pas avec des discours. Le pouvoir ne peut être à la fois juge et spectateur. C’est tout le paradoxe de cette affaire ARMA.

 

 

Cherif Kane

Coordinateur journaliste

 

 

(Reçu à Kassataya.com le 07 novembre 2026)

 

 

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