
Depuis sa réélection en 2024, le président mauritanien met avant la stabilité du pays dans un contexte sous-régional difficile, la lutte contre la corruption, la modernisation de l’Etat mais pour les observateurs ces objectifs servent de justification à un resserrement de contrôle politique.
En effet, rien n’a changé depuis l’accession au pouvoir de Ould Ghazouani en 2019. Les Mauritaniens ont l’impression que son deuxième mandat se déroule comme le premier sur fond de discours sécuritaires dont l’argument principal est la guerre au Mali contre le Djihadisme et la lutte contre les narcotrafiquants de toute sorte sans oublier la gestion des migrants illégaux à Nouakchott comme bouc émissaire de l’insécurité dans la capitale. Ensuite les discours sur l’unité nationale apparaissent comme un vœu pieux alors que toutes ses réformes sur le système éducatif, l’agriculture, la santé, secteurs-clé du développement, vont dans le sens de diviser les Mauritaniens. Enfin les rumeurs sont utilisées pour limiter les libertés. La liberté d’expression est l’un des domaines où la dégradation est la plus visible. Les tentatives de musèlement des militants IRA, des organisations nationales des droits de l’homme, des syndicats libres et des citoyens sont de plus en plus persistantes. La critique publique devient risquée, ce qui affaiblit la capacité de la société à débattre, à corriger les dérives et à participer à la gouvernance. Cette tension croissante entre discours réformateurs et pratiques autoritaires caractérise la gouvernance de Ould Ghazouani.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
(Reçu à Kassataya.com le 25 février 2026)
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