
En adressant un avertissement à la société chargée de la propreté de Nouakchott, le ministre de l’Intérieur fait un aveu d’échec qu’il est loin de contrôler les prestataires. La saleté de Nouakchott est le résultat jusqu’ici d’un État qui refuse de surveiller ce qu’il finance.
Secret de polichinelle. Nouakchott est entourée et traversée par des décharges informelles. Les habitants sont maintenant habitués aux monticules d’ordures dans les quartiers populaires à Dar Naïm, Arafat, Riyad, Toujounine. C’est encore plus visibles les dépotoirs improvisés dans les terrains vagues, les zones non loties, les abords des routes. Des déchets brûlés à ciel ouvert, dégageant des fumées toxiques. L’autre paysage qui n’échappe pas aux observateurs, les poubelles ne sont pas collectées pendant plusieurs jours. Des tas d’ordures dans les rues et dans les maisons. Nouakchott est une capitale sans infrastructure de propreté, engloutie par le plastique, faute de régulation et de collecte. Les sociétés de nettoyage sont incapables de couvrir l’ensemble de la capitale, faute de moyens de planification des services. Les prestataires disposant d’équipements insuffisants pour la taille de la ville. C’est la conséquence directe de contrats mal conçus et mal contrôlés. Les avertissements du ministre de l’Intérieur ne servent à rien face à des prestataires protégés, maintenus et reconduits par un système politique qui préfère le clientélisme.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
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