La Mauritanie a engrangé en 2025,230 millions de dollars de gaz. Une manne financière pour améliorer en principe l’économie mauritanienne. Mais ce récit triomphaliste masque la réalité d’un pays où les institutions sont encore fragiles.
Cette fragilité institutionnelle fait apparaître la redistribution quasi inexistante, et une gouvernance où les élites captent systématiquement les rentes extractives. Le gaz n’échappe pas à cette logique. La production gazière 2025 rapporte à l’Etat près de 230 millions de dollars. Pour autant, ces bons débuts de résultats ne font pas une économie gazière. Les Mauritaniens n’en profitent pas pour le moment et craignent même un nouvel exemple de malédiction des ressources comme le fer, l’or et le cuivre. La raison est simple, les recettes ne sont pas redistribuées. Elles vont dans les dépenses militaires, les projets de prestige, les réseaux clientélistes, et les mécanismes de consolidation du pouvoir. Le gaz finance le régime mais ce sont les multinationales qui dictent les conditions techniques et financières. Cette dépendance masque des institutions fragilisées où la richesse quitte le sol mais ne touche jamais les foyers surtout les plus vulnérables. La Mauritanie n’est pas encore rentrée dans l’ère des grands producteurs de gaz.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
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