RFI – En Mauritanie, les réunions préparatoires au dialogue national ont repris ce 6 avril au palais des congrès de Nouakchott. Après une semaine d’impasse sur la question ultrasensible de la limitation des mandats présidentiels, un compromis semble se dessiner sous l’impulsion du chef de l’État. Mais si une partie de l’opposition joue la carte de l’apaisement, d’autres dénoncent une manœuvre constitutionnelle.
Des conciliabules restreints ont été organisés lundi matin, dans la capitale de Mauritanie. Seuls les présidents des pôles politiques étaient convoqués par le coordinateur du dialogue Moussa Fall.
Pour sortir de l’ornière, le facilitateur a proposé de s’en tenir à des grandes notions : « réforme démocratique » et « réforme électorale », en supprimant les détails polémiques sur le nombre et la durée des mandats, introduits par la majorité. Solution acceptée par les deux pôles de l’opposition.
Mais du côté du camp présidentiel, c’est l’hésitation. Une position logique, selon Diop Amadou Tidiane, député d’opposition et président du Frud : « Le représentant de la majorité n’avait pas les termes de référence pour valider la proposition. Il est plausible qu’il demande à faire la restitution auprès de ses camarades pour évaluer la nouvelle formulation de Moussa Fall. Nous sommes engagés dans un dialogue, nous avons passé une année à préparer cela avec une approche participative inédite. »
Chaque pôle politique doit maintenant consulter sa base
À l’extérieur du palais, le principal opposant et député Biram Dah Abeid, qui boycotte les réunions, dénonce ce qu’il appelle une « confiscation des libertés » et s’inquiète des intentions réelles du pouvoir. « On voit pointer à l’horizon l’intention de la majorité de faire sauter le verrou sur l’intangibilité des deux mandats, accuse-t-il. L’opposition qui a accepté d’y aller sans garantie s’est trouvée devant le refus du chef de l’État d’avancer dans le dialogue sans qu’ils ne concèdent au président le droit de défigurer la Constitution pour des mandats indéfinis ».
Chaque pôle politique doit maintenant consulter sa base avant une prochaine réunion préparatoire.
Notre correspondant à Nouakchott, Oumar Elhadj Thiam
Source : RFI
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