Mauritanie : moderniser la conservation ne suffit pas, il faut ouvrir la mémoire de l’État

L’adoption du projet de loi relatif aux archives nationales par l’Assemblée nationale, cette semaine à Nouakchott, est considérée par les observateurs comme un principe indispensable mais aujourd’hui en déphasage à l’heure des documents électroniques.

Dans un pays qui se veut démocratique, archiver n’est pas seulement conserver. Le gouvernement ne doit pas chercher uniquement à stocker les papiers de son administration. Celle-ci devra archiver pour permettre, à terme, aux citoyens, journalistes, historiens, chercheurs et familles d’accéder aux traces documentaires de l’action publique. C’est l’équilibre entre droit d’accès à l’information, sécurité nationale et protection de la vie privée, qui est pointé du doigt. Ce qui pourrait rendre illisible les archives sensibles de l’histoire mauritanienne. Autrement dit, dans la pratique, que deviendront les fonds documentaires relatifs aux périodes les plus controversées de l’histoire politique et administrative du pays( les déportations de 89, les assassinats de 90 et les épurations ethniques de 86 à 91). La mémoire nationale ne peut être limitée aux documents institutionnels sans conflit ni controverse. Elle comprend aussi les traces des crises politiques, des politiques publiques.

Cherif Kane

Coordinateur journaliste

 

 

(Reçu à Kassataya.com le 03 novembre 2026)

 

 

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