La première opération institutionnelle de distribution de la Zakat vient d’être lancée à Nouakchott par le ministère des affaires islamiques. Derrière cette instrumentalisation se cache une reprise en main sur un domaine historiquement décentralisé, communautaire et religieux.
Depuis 2023, la Mauritanie s’est dotée d’un Conseil supérieur de la Zakat, chargé de collecter, gérer et distribuer la Zakat de manière centralisée. En effet,cette première opération institutionnelle, cette semaine à Nouakchott, se veut une réforme comme un tournant stratégique pour la solidarité nationale et la lutte contre la pauvreté. Pour les observateurs, l’Etat se positionne comme gardien de l’orthodoxie religieuse en matière de zakat. Ce qui peut être perçu par les Mauritaniens comme une récupération du religieux pour renforcer l’autorité étatique. En revanche, les oulémas et acteurs religieux indépendants peuvent y voir une confiscation du sens religieux de la zakat c’est à dire une aumône obligatoire. Les observateurs s’interrogent sur la manière dont la Zakat est intégrée dans les politiques publiques et son impact économique dans un pays où la corruption est devenue un outil de gestion. Cette interrogation légitime ne remet pas en cause la Zakat, l’un des cinq piliers de l’islam mais la manière dont les bénéficiaires sont sélectionnés. C’est le contrôle et la transparence qui sont pointés du doigt. Au-delà, la justice sociale.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
(Reçu à Kassataya.com le 11 mars 2026)
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