Mauritanie : l’expression culturelle affichée à Paris reste fragmentée par l’histoire et les identités

Le ministre mauritanien de la culture a défrayé encore une fois la chronique à Paris devant la commission intergouvernementale pour la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles en déclarant que la Mauritanie fait de la diversité culturelle, linguistique et artistique une richesse stratégique, une source de cohésion et un levier de développement.

En réalité depuis 1960, cette richesse culturelle est largement invisible, peu valorisée, et souvent confinée à des cercles communautaires. L’État n’a jamais réellement construit une politique culturelle nationale cohérente. Les observateurs pointent des discours à l’internationale pour la diversité culturelle alors que les cultures des deux composantes nationales, négro-africaine et harratine, sont piétinées et reléguées au second plan comme en témoignent toutes les réformes engagées jusqu’ici. Ould Ghazouani est le président qui compte achever l’arabisation avant la fin de son deuxième mandat en 2029. La culture est depuis 2019 un espace de coexistence parallèle entre les arabo-berbères, les négro-africains et les harratines, sans véritable osmose des cultures. Les Mauritaniens assistent impuissamment à un État culturellement absent ou instrumentalisateur. Pour revitaliser l’expression culturelle, il faudrait en premier lieu intégrer les langues nationales dans les programmes culturels et financer des maisons de culture régionales. La culture pourrait devenir un levier de cohésion nationale, pas seulement un décor.

 

 

Cherif Kane

Coordinateur journaliste

 

 

 

(Reçu à Kassataya.com le 18 février 2026)

 

 

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