
La création de l’Agence nationale de développement des oasis annoncée à Atar par le président mauritanien, est encore une fois considérée par les observateurs comme un habillage bureaucratique du développement territorial.
Les observateurs s’interrogent sur cette nouvelle structure si elle permet réellement de transformer les conditions difficiles des populations. L’agence nationale de développement des oasis s’ajoute ainsi aux autres agences nationales dont l’impact reste difficile à mesurer. La réalité sur le terrain en dit long des difficultés qui frappent ces régions depuis des décennies. Dans les oasis de l’Adrar, du Tagant, de l’Assaba ou du Hodh, les populations font face à la raréfaction de l’eau, à l’ensablement, au déclin des palmeraies. Elles attendent des forages, des systèmes d’irrigation performants, des pistes rurales, des centres de santé et des opportunités économiques, non une inflation de structures administratives. Au-delà de la question institutionnelle, le dossier révèle un problème plus profond : celui de l’inégalité territoriale. Les régions du Sud agricoles sont victimes depuis 1983 de l’expropriation des terres agricoles de l’Etat au profit des investisseurs nationaux et étrangers. Deux poids deux mesures pour un président de tous les Mauritaniens.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
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