Dans un pays où l’État est le premier investisseur, le contrôle des marchés publics est indispensable. Depuis 2019, ce système est organisé pour voler, pas pour organiser les politiques économiques publiques de l’Etat.
Dans le budget 2026, les investissements publics avoisinent 62 milliards d’ouguiyas. Derrière ce chiffre se cache un gaspillage des deniers publics qui ne date pas d’aujourd’hui mais exacerbé par la gouvernance de Ould Ghazouani. Les appels d’offres sont truqués en faveur du patronat dont le monopole n’est plus à démontrer. Les commissions sont verrouillées. La majeure partie des audits sont enterrés. Cette économie politique de la prédation ne concourt pas au soutien à l’investissement et à la production locale. Ce système produit des routes qui se dégradent en un an, des écoles sans toilettes, des hôpitaux sans équipements, des quartiers entiers sans eau potable ni électricité. Et pendant ce temps les enfants des élites au pouvoir étudient à Paris, Rabat ou Istanbul grâce aux marchés truqués, des milliards qui disparaissent dans les poches de ces élites. Depuis 2019, les discours officiels sur la digitalisation, la transparence, la modernisation et la lutte contre la corruption constituent une mascarade. Ce sont des mots destinés à rassurer les bailleurs internationaux.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
(Reçu à Kassataya.com le 20 mai 2026)
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