
Des milliards d’ouguiyas annoncés par la Banque mondiale avec une croissance de plus 5 pour cent en 2027, des recettes gazières historiques en perspective. Ces chiffres mirobolants de la Banque mondiale ne racontent pas toute l’histoire de la Mauritanie.
La réalité ne laisse aucun doute. De nombreux Mauritaniens continuent de subir le chômage notamment les jeunes qui représentent plus de la moitié de la population, la vie est chère avec la hausse permanente des denrées alimentaires, la viande et le poisson, des déficits de services publics et inégalités entre les quartiers populaires de Nouakchott et les quartiers riches de la capitale et les zones rurales du Guidimakha, du Hodh ou de l’Assaba,du Trarza, du Brakna, de l’Adrar et de l’Inchiri. Les chiffres de la Banque mondiale sur la croissance en 2027 de plus de 5 pour cent, constituent en réalité une prévision. Le problème réside dans ce qu’ils mesurent.
Cette hausse profite principalement à l’État, aux investisseurs et à un nombre limité d’emplois spécialisés sans transformer significativement les conditions de vie de la majorité des citoyens qui continuent de vivre dans la pauvreté sans eau et sans électricité et sans un toit digne et sans accès aux soins. Autrement dit, une croissance forte peut coexister avec une pauvreté persistante. L’autre réalité, tout le gaz ne revient pas forcément aux Mauritaniens car la quantité de gaz exportée va plus dans la poche des sociétés étrangères que les contribuables et une toute petite partie à l’Etat.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
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