
Les nouvelles nominations de Sidi Ahmed Ould Raïss à la présidence du conseil national de régulation et Taleb Ould Sid’Ahmed, conseiller à la Présidence de la République, ne sont pas considérées par les observateurs comme un signe de réforme. Il s’agit du triangle du pouvoir, tribu, armée et oligarchie, qui est en marche.
Ces vagues nominations qui se multiplient depuis la réélection de Ould Ghazouani en 2024 sont considérées comme un mécanisme de reproduction du pouvoir. Ould Ghazouani renoue avec les pionniers de première heure en 2019 comme Taleb Ould Sid’Ahmed, ancien ministre de l’Emploi et ancien fonctionnaire international. C’est également la poursuite de l’ouverture aux élites haratines. Dans un contexte de dette publique excessive, le retour de Taleb Ould Sid’ Ahmed pour présider le conseil national de régulation, est perçu comme un retour d’un juriste et d’un haut cadre de l’État. C’est un ancien ministre, ancien gouverneur de la Banque centrale, négociateur politique chevronné pour essayer de sauver le dernier quinquennat de Ould Ghazouani. Ces deux cas illustrent la fusion entre expertise économique, loyauté politique et influence oligarchique dans l’appareil d’État mauritanien. Ces nominations comme d’autres accélérées en 2024 s’apparentent à une administration devenue un club fermé, où les élites se reproduisent entre elles, sans renouvellement générationnel ni ouverture sociale.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
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