Le gouvernement de Ould Diay vient de signer un accord de 50,3 millions d’euros avec la Banque mondiale pour développer son économie bleue.
Derrière cette volonté politique se cache en réalité une dépendance aux bailleurs internationaux. Les rhétoriques sur la “résilience côtière” et la “pêche durable”, redessinent le littoral mauritanien au profit des flottes étrangères et des élites locales. Ce prêt de plus de 50 millions d’euros de la Banque mondiale considéré comme un soutien environnemental ne transforme pas l’économie dite bleue. La façade bleue est devenue un terrain de rivalités où les intérêts nationaux sont relégués au second plan. Le précédent chinois est un avertissement ignoré par les autorités de Nouakchott. L’accord de 100 millions de dollars signé en 2010 avec une flotte chinoise a laissé des traces avec la prolifération de 30 usines de farine de poisson impactant gravement la pêche artisanale. Les promesses officielles sur la restauration des mangroves, les infrastructures portuaires et la pêche durable masquent une économie bleue pour les bailleurs, pas pour les Mauritaniens. La mer risque de connaître le même destin que le fer et l’or.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
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