Le projet du gouvernement de numériser le cadastre dans un pays où le foncier est le cœur des conflits sociaux, est considéré par les observateurs comme une réforme sans débat, sans justice, sans garanties.
Derrière le discours officiel de transparence, d’efficacité, de lutte contre les faux titres se cache une politique brutale de centralisation foncière. Les observateurs pointent de simples vœux pieux du gouvernement qui brandit la création d’un référentiel national numérique cadastral et d’un identifiant unique parcellaire comme une révolution technologique. En réalité, il s’agit d’une opération de cosmétique numérique profondément politisée. Les Mauritaniens souhaiteraient bien savoir la validité des titres avant numérisation et le traitement des litiges historiques. Le recours des populations rurales notamment analphabètes excluent de cette modernisation, est un impératif. Sans la réponse à ces interrogations, le cadastre numérique peut devenir l’arme parfaite du gouvernement pour déposséder les paysans de leurs terres de la vallée, sans bruit. Le risque est clair. Les élites maîtrisent le numérique, les pauvres perdent leurs terres. C’est une réforme explosive, qui peut raviver les tensions communautaires et foncières. Pour démocratiser la gouvernance foncière, il est important de créer une commission foncière citoyenne incluant Négro-Africains, Harratines, ONG, communes rurales.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
Les opinions exprimées dans cette rubrique n’engagent que leurs auteurs. Elles ne reflètent en aucune manière la position de www.kassataya.com
Diffusion partielle ou totale interdite sans la mention : Source www.kassataya.com


