Incontestablement les Mauritaniens attendent beaucoup de l’exploitation du champ gazier que le pays partage avec le Sénégal. Les premiers résultats ne sont pas tout à fait rassurants face aux promesses de transformation énergétique qui ne suivent pas depuis 2019.
Jusqu’ici l’exploitation du gaz a créé peu d’emplois locaux qualifiés. Le gouvernement qui compte sur la rente gazière semble ne pas tenir en compte des secteurs productifs, l’agriculture, la pêche et les PME. Le gaz peut fournir de l’électricité bon marché pour les pôles miniers, mais ne crée pas automatiquement une industrie nationale. Cette nouvelle énergie ne résout pas les tensions foncières, les fractures ethniques, et les inégalités d’accès aux services publics. Le pétrole a déjà montré ses limites : production marginale, déclin rapide. Les ambitions d’hydrogène vert sont réelles mais encore théoriques. Cette promesse pétro-gazière ressemble de plus en plus à une illusion d’optique. Le pays souffre d’un déficit chronique de gouvernance. Le gaz encore moins le pétrole ne corrigera rien. Ould Ghazouani reste prisonnier d’un modèle rentier : fer, pêche et aide extérieure.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
Les opinions exprimées dans cette rubrique n’engagent que leurs auteurs. Elles ne reflètent en aucune manière la position de www.kassataya.com
Diffusion partielle ou totale interdite sans la mention : Source www.kassataya.com

